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Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Dimanche 6 février 2022, 5ème Semaine du Temps Ordinaire — Année C

Publié par Roland Cazalis, compagnon jésuite sur 5 Février 2022, 12:54pm

Catégories : #homelie_cazalis

Nous avons deux textes nous relatant l’expérience de la présence massive de Dieu vécue par Isaïe et par Pierre.
 
Isaïe, dans l’antichambre du Saint des Saints, de là le prophète voit le Seigneur assis sur son trône surélevé.
 
Pierre, au contraire, c’est depuis une barque, depuis sa barque qu’il vit une expérience indicible.
 
L’enseignement du Christ l’avait déjà marqué, car il le nomme « Maître ».
 
Quand Jésus lui demande d’avancer plus au large pour jeter les filets, Pierre, en bon professionnel de la pêche, lui fait remarquer que l’on ne pêche pas en plein midi, car les poissons frayent peu durant cette période de la journée.
 
La nuit, en revanche, les probabilités sont plus favorables.
 
Mais le Maître sait ce qu’il dit, et l’on ne peut qu’obtempérer.
 
Le coup de filet magistral est la révélation de la vraie personne du Maître !
 
Alors, Pierre se sent tout à coup indigne d’être si proche physiquement du Maître.
 
Il expérimente ce que Moïse avant éprouvé devant le buisson ardent :
 
« N’approche pas d’ici ! Retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte ! »
 
Ce type d’expérience est fondamental. En effet, il faut que les affects soient touchés, c.-à-d. que les sens par lesquels nous expérimentons le monde soient touchés par Dieu.
 
C’est cela qui produit la conversion, c.-à-d. l’accès à la vie en toute sa largesse, autrement dit, une expansion de la vie en nous.
 
Jésus de son côté passe son temps à guérir les gens, en leur ouvrant les sens, en leur ouvrant les affects : l’ouïe, la vue, la parole, le toucher, la perspective chez ceux qui sont paralysés au lit qui retrouvent la mobilité.
 
En revanche, des patients du Covid ont expérimenté la perte des affects, le goût, l’odorat. En perdant ces sens, ils ont expérimenté un rétrécissement de leur vie ; et même certains ont perdu la vie tout simplement.
 
Ce genre de situation peut nous donner un repère, une métrique pour comprendre ce que signifie l’expansion de la vie quand les gens retrouvent leur intégrité.
 
Néanmoins, l’expansion qu’induit la présence massive de Dieu est encore d’une autre ampleur.
 
Cette expansion fait que des hommes comme Pierre, un homme issu du peuple, sans les ressources de la culture savante, cet homme donc se voit accéder à des dimensions de la vie qui permet d’avoir l’expérience des choses de Dieu, expérience que peut faire envie aux sages et aux savants.
 
Dans l’expansion de l’expression de la vie en lui, le sujet ne dispose pas que du niveau rationnel pour se guider et discerner.
 
Il est au niveau existentiel. Là, il ne devise plus sur ce qui doit être ou ne doit pas être, il expérimente ce qui est, ou du moins, une part de ce qui est.
 
Merci à l'auteur de cette image
Nous avons une libre représentation de la présence massive de Dieu par Marc Chagall dans la scène de nuit de Jacob ou l’échelle de Jacob.
 
Nous avons la présence de l’ange lumineux dans la nuit bleue.
 
Une lumière qui ne demande qu’à envahir toute la nuit bleue, toute la nuit bleue de notre existence.
 
La présence massive de Dieu nous fait prendre conscience de notre pauvreté.
 
Cette pauvreté-là est la vie étroite. Ce n’est pas tant le fait de se sentir pécheur, mais plutôt d’avoir les sens fermés et par conséquent, d’avoir aussi une créativité limitée.
 
En ce sens l’expansion revient à l’entrée dans la lumière, la lumière de Dieu et la créativité de Dieu.
 
Face à l’expérience de l’indicible, si notre conscience nous dit :
 
« N’approche pas d’ici ! Retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte ! »
 
Le Seigneur dit, en revanche : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple », « Qui enverrai-je ? Qui sera mon messager ? »
 
Ou, «ne sois pas troublé, désormais, ce sont des hommes que tu sauveras de la nuit bleue »
 
À partir de là, c’est à chacun de formuler sa réponse à cette invitation.
 
Roland Cazalis, compagnon jésuite
Is 6, 1-2a.3-8 ; Ps 137 (138), 1-2a, 2bc-3, 4-5, 7c-8 ; 1 Co 15, 1-11 ; Lc 5, 1-11
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