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Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Dimanche 28 juin 2020

Publié par Roland Cazalis, compagnon jésuite sur 27 Juin 2020, 21:20pm

Catégories : #homelie_cazalis

J’ai vu par hasard, un bout de reportage sur un photographe qui fixait des scènes à l’hôpital durant la période aiguë de la covid.
 
En fait, il captait des scènes qui traduisaient l’empathie, la patience, la présence, etc. c.-à-d. des gestes, des attitudes de soignants envers des patients qui traduisaient une vertu d’où émanait la beauté.
 
Il disait d’ailleurs que « les gens qui ont trouvé un sens à leur vie sont plus beaux », et cette beauté-là, ou cette vérité-là était de toute évidence l’objet de sa quête.
 
Ces gens sont beaux parce qu’ils ne sont pas dans le mensonge, dans le semblant, ou ce qu’ils font n’est un prétexte pour parvenir à une fin qu’ils jugeraient plus noble que le fait de prendre soin de cette personne précise qui m’échoit.
 
Non, ils sont pleinement dans ce qu’ils font, et ils le font comme si c’était la première ou la dernière action, ce que l’on veut absolument réussir.
 
Ils sont vraiment dans ce qu’ils font et ils sont libres. Vivre dans la vérité vous rend libre.
 
Précisément, c’est la vérité qui guérit, c’est l’amour qui guérit le patient en profondeur. Voilà ce qu’influe le soignant ; le patient le perçoit et le reçoit.
 
 
Je crois que c’est de cette qualité de vie dont nous parle le texte d’évangile du jour, en dépit de la formulation quelque peu abrupte du texte.
 
Quand vous êtes dans ce que vous devez être, ou là où vous devez être, ou comme dit le photographe, quand vous avez trouvé sens à votre vie, ou dit autrement, quand vous parvenez à être en phase avec votre vocation d’être humain, alors la vie flue en vous, car vous êtes en phase avec le monde de la vie.
 
Voilà ce qui vous amène à vivre dans la vérité, à être vrai dans ce que vous êtes et dans ce que vous faites, voilà pourquoi votre empathie, votre patience, ou votre présence est vraie et qu’une lumière transparaît sur votre visage.
 
Bien sûr que vous vous chargez de la croix inhérente à chaque activité ; néanmoins, elle n’est pas si lourde en fait. C’est elle qui vous maintient éveillé et en phase avec la réalité du moment.   
 
Vous devez soigner des patients covids, bien sûr qu’il faut entrer dans la chambre, en suivant un protocole strict, car vous connaissez bien les risques. Vous savez aussi que nous ne savons pas tout du mode de transmission de ce virus et que vous prenez un risque, même en suivant strictement le protocole.
 
Néanmoins, vous assumez ce risque, pour le patient. Le soignant a cette liberté du moment d’assumer ce risque. Ce n’est pas du calcul. C’est plutôt la vérité du moment. « Père éloigne de moi cette coupe ». Mais, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux »
 
Et, pendant ce temps, dans des familles, dans des rues, dans des magasins, dans des bars, dans des restaurants, certaines gens font tout et n’importe quoi. Elles se comportent d’une manière des plus irresponsables possible.  La covid, ce n’est pas leur tasse de thé. La vie doit reprendre ses droits, disent-elles !
 
Voyez le lien entre le fait de porter un masque et l’amour du prochain. Un geste aussi simple, mais si fort symboliquement.
 
Si tout le monde porte un masque, alors tout le monde protège tout le monde. C’est très peu coûteux financièrement. Des feuilles de Sopalin suffisent en guise de masque pour arrêter l’aérosol que nous propulsons dans l’air quand nous expirons, quand nous parlons, quand nous chantons.
 
Si des gens sont dans la dénégation et disent « qu’ils n’ont pas peur du virus », et refusent de porter un masque, alors, chacun n’a plus d’autre alternative que de se protéger individuellement, ce qui implique de porter un masque ffp2 (ou KN95) qui filtre le virus dans l’air inspiré + des lunettes intégrales, car le virus qui se retrouve dans l’air, quand des gens contaminés devisent sans masque sur la pluie et le beau temps, peut entrer par la muqueuse des yeux.
 
Le coût n’est plus le même, et la solidarité est perdue, c.-à-d. que la beauté du « tout le monde protège tout le monde » passe à la trappe.
 
L’amour du prochain dans le trivial.
Je disais donc que bien entendu que vous vous chargez de la croix inhérente à chaque engagement.
 
Si la croix vous écrase, alors probablement que vous n’êtes pas là où vous devriez être. La croix qui écrase a divers noms. Elle est connue sous le sobriquet de burn-out, etc.
 
 
Quand apparaît la beauté dont parle le photographe, cela signifie que nous sommes entrés dans le monde de la vie, que nous sommes en train de descendre dans les profondeurs du monde de la vie au point d’être convaincu que c’est bien là que tout se passe, et que c’est dans ce chemin, dans cet engagement que la vie se donne.
 
Cela nous donne une joie paisible qui nous rend beaux !
 
La beauté transparaît dans notre service, en tant qu’empathie, patience, disponibilité, présence, respect, le respect de l’autre, de n’importe quel autre. Cela suppose l’intériorisation de la biodiversité humaine.
 
« Qui vous accueille, m’accueille ! ».
 
Si Dieu n’était pas à ce niveau-là, alors le christianisme n’aurait rien à apporter au monde.
 
Voilà la beauté vers laquelle notre monde est appelé à basculer.
 
Et comme nous sommes impatients de voir l’avènement d’un tel basculement.
 
Amen.
Roland Cazalis, compagnon jésuite
 

 

 
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