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Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Pentecôte 2021

Publié par Roland Cazalis, compagnon jésuite sur 22 Mai 2021, 14:19pm

Catégories : #homelie_cazalis

Dans le périple du Christ, la boucle est bouclée quand l’Esprit est envoyé aux témoins historiques du Christ, à savoir, les apôtres et les autres disciples, autrement dit le baptême de feu promis.
 
Des fragments retenus pour cette fête, nous pouvons retenir au moins quatre missions de l’Esprit.
 
Le Paraklès, le Paraclet, est le défenseur et le consolateur, les deux sens se justifient.
 
Il y a toujours le niveau personnel et le niveau communautaire ou ecclésial.
 
Prenons le volet consolateur.
 
La consolation dont il s’agit devait rappeler aux témoins historiques des sentiments éprouvés en présence du Christ à certains moments clés. C’est une manière de reconnaître la parenté de la présence du Christ et celle de l’Esprit.
 
La consolation doit certainement à voir avec une joie apaisante ou une joie apaisée qui dure et qui enchante l’âme ou qui guérit l’âme de sa blessure.
 
C’est la signature de l’Esprit.
 
La présence de l’Esprit est aussi un signe, une indication ou une approbation du moment que vous vivez.
 
Il faut donc que chacun apprenne à reconnaître la signature de l’Esprit pour lui. C’est toujours la même, car l’Esprit est constant ; c’est une marque de Dieu. Il n’y a pas de trouble en lui.
 
Au niveau communautaire, nous pouvons éprouver cette consolation à l’occasion d’un événement quand la communauté est préparée et disposée ou en attente.
 
Il semble que certains aient éprouvé cette expérience lors de l’élection du Pape François, en particulier, à sa première apparition sur le balcon de la place Saint-Pierre, quand il a demandé de prier pour lui et avec lui. À ce moment-là, l’Église entière s’est mise à prier au même moment et pour la même cause.
 
Le volet défenseur.
 
Le défenseur n’est pas celui qui fait tomber la foudre sur l’impie et le foudroie, comme aurait voulu faire Saint-Jacques le majeur.
 
Le défenseur a quelque chose d’un aïkidoka. On dirait qu’il utilise la force d’attaque de l’adversaire ou de l’impie pour le dévier par une chiquenaude ; de la sorte, l’impie se fait emporter par son propre élan.
Une chiquenaude, juste ce qu’il faut, en laissant l’impie s’agiter et tempêter dans sa lancée. Ce dernier se croit puissant, car il tempête, mais il se trompe.
 
Là aussi, il faut apprendre à reconnaître le style et l’efficacité du défenseur et lui faire confiance.
 
Le défenseur est aussi celui qui permet d’ouvrir des portes qui normalement auraient dû rester fermées.
 
Bien entendu, reconnaître la signature du consolateur et le style du défenseur requiert de vivre consciemment, c.-à-d. d’être présent à soi-même, à ce qui survient, en relisant les événements.
 
 
Le troisième aspect.
 
« L’Esprit vous guidera dans la vérité tout entière ». L’Esprit vous fera cheminer dans la vérité tout entière.
 
Cela est valable au niveau individuel comme communautaire.
 
Pour nous qui ne sommes pas des témoins historiques du Christ, le cheminement consiste en l’actualisation de la révélation pour moi dans le déploiement de mon existence dans le temps.
 
La lumière nous est donnée, si bien entendu nous sommes intéressés, au niveau existentiel, et pas seulement au niveau intellectuel.
 
En réalité, nous ne connaissons rien sur Dieu en dehors de nos propres spéculations ; nous pouvons même nous en satisfaire, et ainsi nous avons notre récompense.
 
 En revanche, la lumière concerne les choses de Dieu. C’est bien ce que nous rapporte Jean.
 
« L’Esprit ne parlera pas de lui-même, c.-à-d. l’Esprit n’a pas de discours personnel à faire valoir. Voilà une idée à mettre en parallèle avec « je ne suis pas venu faire ma volonté ».
 
« L’Esprit dira ce qu’il aura entendu ; il prendra du mien pour vous l’annoncer ». Une idée à mettre en parallèle avec « je suis venu faire la volonté de celui qui m’a envoyé ».
 
 « Il vous l’annoncera à l’à-venir ».
 
Il annoncera pendant le cheminement, en son temps, quand le sujet pourra le recevoir, sinon ce serait comme des perles aux cochons qu’ils piétineraient sans s’en rendre compte.
 
Dans ce cheminement, curieusement, nous devenons peu à peu, comme des témoins historiques du Christ.
 
Bien entendu, cette révélation concerne l’Église tout entière, ce qui l’a amené, au cours de l’histoire à formuler des doctrines qui ne sont pas explicitement dans les évangiles.
 
Prenons garde ! Tout ce qui est promulgué dans l’Église ne vient pas nécessairement de l’Esprit.
 
Le quatrième aspect concerne la mission ou le témoignage.
 
Si nous voulons être rigoureux, il faudrait avoir appris à reconnaître au moins la signature de l’Esprit comme consolateur pour témoigner avec autorité, sachant que l’autorité va de pair avec l’humilité.
 
Il ne s’agit pas d’une question de témérité/manque de témérité ou d’audace/manque d’audace.
 
Il s’agit avant tout d’une question de respect de Dieu, de respect des autres et de respect de soi-même.
 
Par le témoignage, nous voulons donner de Dieu, et c’est l’Esprit qui peut le faire.
 
Oui, viens Esprit en nos cœurs
Et envoie du haut du ciel
Un rayon de ta lumière.
 
Roland Cazalis, compagnon jésuite
Ac 2, 1-11 ; Ps 103 (104), 1ab.24ac, 29bc-30, 31.34 ; Ga 5,16-25 ; Jn 15, 26-27 ; 16, 12-15
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