Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples.
Lyon célèbre aujourd’hui le deuxième évêque de son histoire : Saint Irénée. L’occasion de nous souvenir que la foi chrétienne nous est venue d’ailleurs, même si notre pays l’a reçue d’une manière très profonde et avec beaucoup de créativité. Le choix de l’évangile peut, dans cette perspective, se comprendre alors aisément. Celui qui a connu Polycarpe ancien disciple de Jean a été formé par la vision johannique. « La gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples » On retrouve bien cette couleur de l’évangile dans la célèbre formule « La gloire de Dieu, c'est l'homme debout et la gloire de l'homme, c'est de louer Dieu ». Un autre aspect de cet évangile se retrouve dans son grand texte contre les hérésies « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche ». La vraie foi conduit à l’unité, la fausse gnose induit la division… Alors en ce jour de fête nous pouvons rendre grâce pour toutes les démarches d’unité portées dans l’histoire par l’Eglise de Lyon, notamment : l’œcuménisme avec le Père Couturier et toutes les démarches des mission étrangères vers le proche orient et l’Afrique partant de Lyon… et des missions intérieures…
Mais aujourd’hui laissons aussi résonner en notre cœur d’autres aspects de ce passage de la Parole de Dieu. Notamment ce qui est dit sur la croissance : « tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage ». Notre vie en relation avec le Seigneur ne peut progresser que dans la mesure où nous faisons toujours davantage les choses en relation plus profondes avec Lui. Dès lors nous arrêtons d’être un serviteur rendant des services comme extérieurs mais nous devenons son ami dans une relation plus profonde. Ce qui nous donne de Le connaître plus profondément, d’entrer plus avant dans la relation avec Lui et avec son Père. Nous lui devenons un frère, une sœur et, par ce fait même, les autres humains nous deviennent des frères et des sœurs. C’est bien ce vrai amour dont le monde a, en ces jours, particulièrement besoin pour traverser ses épreuves. Cela était bien présent dans le profond de la pensée et du cœur de Saint Irénée. Irénée insiste toujours, même dans sa polémique avec les hérétiques, sur l’amour qui venant du Seigneur s’épanouit sur le prochain : « grâce à la foi en Lui le Seigneur a augmenté notre amour pour Dieu et le prochain, nous rendant pieux justes et bon ».
Jean-Luc Fabre compagnon jésuite
/image%2F0931903%2F20260628%2Fob_1bfeb4_irenee.jpg)
