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Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Messe de la nuit du 24 décembre 2020

Publié par Roland Cazalis, compagnon jésuite sur 23 Décembre 2020, 11:30am

Catégories : #homelie_cazalis

Le texte d’Isaïe et celui de Luc se complètent magnifiquement, car Isaïe fait le son et Luc les images.
En effet, il faut les commentaires en voix off d’Isaïe pour comprendre ce qui se passe dans ces contrées de Bethléem autour de la venue au monde du premier-né d’un couple.
Ce couple se trouve en voyage pour des raisons administratives et c’est à ce moment-là que survient l’événement.
En parlant d’administratif, il nous arrive de nous déplacer pour régler une affaire, et nous voilà, chemin faisant, embarqués dans une autre affaire plus sérieuse. C’est la vie.
Voilà pour le scénario de base.
Montons d’un cran. Que se passe-t-il dans ces contrées de Bethléem ?
Rien d’autre que l’apparaître de Dieu.
Qui dit apparaître, dit une personne, un peuple, un lieu ou une terre.
Dieu n’apparaît pas sans nous. Il ne veut pas le faire sans nous.
Le prêtre, au cours de la prière eucharistique, à un moment donné, il dit cette prière in petto, « que jamais je ne sois séparé de toi » ; c.-à-d., « pas sans toi ».
Néanmoins, bien avant que cette prière ne soit écrite, c’était déjà la prière de Dieu ou le désir de Dieu, « pas sans vous » ; « jamais sans vous ».
Voilà pourquoi l’essence de l’apparaître est la relation.
Voilà la raison de la démarche de Dieu auprès de Marie et Joseph, pour leur demander : « permettez-moi », car « pas sans vous ».
Le « vous », c’est l’humanité. Le « vous », c’est aussi ce couple ; et enfin, la fine pointe du « vous », c’est Marie.
Alors, cela nous aide à mieux comprendre cette prière du prêtre qu’il prononce dans son for interne au cours de l’eucharistie.
« Pas sans toi » n’exprime pas un désir de retenir Dieu. – on peut toujours essayer, mais le résultat n’est pas garanti-
Non, le sens profond du « pas sans toi » c’est « permettre Dieu ».
Ainsi, la Sainte Famille nous enseigne le point d’excellence de la relation avec Dieu une fois qu’on a fait un bout de chemin avec lui.
Merci à l'auteur de cette photo

Cela revient à « permettre à Dieu d’agir en et par moi ». Voilà le nec plus ultra de la relation, mais cela ne va pas de soi.

On peut évoquer une métaphore pour l’illustrer.
 
Si vous êtes un créateur ou une personne créative. Vous devez savoir que le plus difficile dans la création est de se disposer à l’inspiration.
L’inspiration est comme une onde qui vient du dehors.
On peut toujours faire des choses, composer, agencer des choses, mais sans inspiration, on ne crée rien de vrai.
Ce que l’on fait est comme une copie de quelque chose d’autre, voire une copie de quelque chose qui n’est pas. Une copie du néant.
La métaphore de l’inspiration peut nous aider à comprendre le sens du « permettre Dieu » et ce qu’il advient quand il passe à l’action.
 
Que se passe-t-il dans les contrées de Bethléem ?
Montons encore d’un cran.
En langage théologique, l’avènement de ce nouveau-né répond à la doctrine de l’Incarnation, qui est une forme d’alliance.
Par la disponibilité d’un seul, tous deviennent bénéficiaires.
Cet événement a lieu dans et par l’espèce humaine
Cet événement est comme un sacrement.
Par cet événement, l’humanité reçoit l’onction de l’Incarnation.
Elle reçoit le signe qui la change à tout jamais.
L’humanité reçoit ce signe, mais pas pour elle seule, car il n’y a pas que l’humanité dans le monde. Il y a d’autres communautés vivantes sur la planète et probablement ailleurs. Mais le signe est le signe.
La Nativité a cela de particulier qu’elle atteint tout le monde, bien qu’à des degrés divers.
C’est la grâce de l’onction qui se manifeste chaque année et rappelle à l’humanité quel est son signe.
Cette grâce encourage, console, apporte une joie qui se nomme « paix » à ceux et celles qui sont dans le « permettre Dieu », car leur chemin est parfois escarpé.
Voilà ce que nous célébrons cet après-midi.
Roland Cazalis, compagnon jésuite
Is 9, 1-6 ; Ps 95 (96), 1-2a, 2b-3, 11-12a, 12b-13a, 13bc ; Tt 2, 11-14 ; Lc 2, 1-14
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