Jardinier de Dieu

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Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Mt 16, 13-20 L’Église du Christ (Is 22, Ps 137, Rm 11)

Publié par Olivier de Framond compagnon jésuite sur 23 Août 2026, 17:42pm

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne que c’était lui le Christ.

Mt 16, 13-20 L’Église du Christ (Is 22, Ps 137, Rm 11)

Avec cet évangile j’ai toujours la parole d’un compagnon qui revient : « l’Église est fondée sur un échange de noms ». Ce bref échange entre Jésus et Simon dit beaucoup de l’Église. « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », dit Simon à Jésus à sa demande. « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église », se voit pousser à répondre Jésus. L’Église est là, en naissance, chaque fois qu’est inspiré en nous un tel échange avec Jésus. Le nom, c’est une vocation, une mission. Dès que je reçois un nom du Seigneur, ou de tout être aimé en fait, je suis choisi, aimé, pardonné, envoyé. L’Église naît quand le Christ nous fait naître à nous-mêmes. C’est Marie de Magdala au tombeau, quand elle reçoit du jardinier son nom : « Marie », et qu’elle est conduite à répondre : « Rabbouni ». C’est lors du mariage, pareillement, lorsque les époux échangent leurs consentements : toi, mon conjoint, tu m’appelles à devenir ce que je suis, et réciproquement. L’Église du Christ est là quand il nous est donné, chacune, chacun, d’être envoyés pour devenir ce que nous sommes.

Cela me fait penser à la vocation de Lévi, peinte par le Caravage. On voit Lévi en plusieurs personnages qui sont autant d’êtres successifs de sa transformation. Le dernier Lévi commence à se lever, pour passer de la table de la solitude, perdu dans ses comptes et les affaires, à la table eucharistique, qui est la table des pécheurs. La main du Fils de l’Homme, que nous sommes appelés à devenir, a recréé Lévi. La vocation est une création. Il se lève et suit Jésus. A l’autre table ! Ce qui était lié est délié : les pieds, le coeur, la relation. Simon-Pierre le revivra au lac de Tibériade au lendemain de Pâques. « Pais mes brebis » !

Entre Paul et Jésus, un même échange se produit. « Tout est de lui, par lui, pour lui ». C’est une autre manière de dire : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Le pouvoir des clés que remet le Père au Fils, et le Christ à Pierre, ce n’est pas un pouvoir humain. C’est celui de susciter la conversion à devenir soi-même, ou de l’appeler quand elle se refuse. Père, que nous chantions pour ton amour et ta vérité. AMEN.

Olivier de Framond compagnon jésuite

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