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Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Dimanche 17-01-2021 - 2e dimanche ordinaire, année B

Publié par Roland Cazalis, compagnon jésuite sur 16 Janvier 2021, 15:42pm

Catégories : #homelie_cazalis

La ligne éditoriale des textes proposés est assez claire, il ne reste plus qu’à faire un commentaire.
 
Les textes mettent en scène, non pas la transmission, mais la désignation, sachant qu’à l’origine, il y a l’appel.
 
Il ne s’agit pas de la transmission d’un savoir, mais le fait de montrer, c.-à-d. de désigner quelqu’un avec l’index comme le fait Jean-Baptiste.
 
Ou alors, de l’identifier au son de sa voix, ou à la parole qu’il dit. C’est le cas d’Élie qui reconnaît la manière de Dieu.
 
Ou alors, le reconnaître au geste qu’il fait, comme c’est le cas des pèlerins d’Emmaüs qui reconnaissent le geste du Christ, alors même qu’ils ne l’avaient pas reconnu à son aspect, ou à son visage, qui est le signe même de l’identité d’une personne.
 
Donc, il ne s’agit pas d’une transmission d’un savoir ; ce n’est pas un catéchisme, car ce serait toujours un charabia, même quand c’est bien dit, avec une logique impeccable. Mais la vie n’obéit pas à la logique impeccable.
 
 
Il s’agit plutôt de monter, de désigner, d’identifier, « d’envoyer vers », de « tourner vers », « d’amener à ».
 
Ainsi, Samuel est jusqu’alors au service d’Élie, qui le prépare au service du Seigneur.
 
Le Seigneur signifie par son intervention que le moment est venu que Samuel soit dans un face à face avec lui, sans la médiation d’Élie. Alors, Élie demande à Samuel de se tourner vers le Seigneur, non plus à travers lui, mais comme lui, en face à face.
 
Jean-Baptiste envoie ses disciples vers Christ en disant : « le voici ». Jean-Baptiste cesse d’être une médiation entre ses disciples et le Christ.
 
Le geste de Jean-Baptiste est fort et d’une justesse absolue.
 
Il n’y a pas de compétition entre Jean-Baptiste et Jésus !  C’est lui le Seigneur, c’est lui qu’on doit suivre.
 
André, d’abord disciple de Jean-Baptiste, répond à l’invitation de Jean-Baptiste, puis amène son frère Pierre à Jésus.
 
Alors, Jésus appelle Simon, comme Dieu appelle Samuel. Dans le cas de Simon, l’appel est signifié par la donation du nom.
 
Amener et appeler n’est pas la même action, et ces deux verbes sont mis en œuvre par des personnes différentes.
 
 Préparer et appeler n’est pas la même action, et ces deux verbes sont mis en œuvre par des personnes différentes.
 
Appeler est au début, et même avant le commencement. Appeler, dans la bouche de Dieu, est un verbe systémique. Dieu vous appelle dans tous les recoins de votre être. Paul en dit un mot dans la deuxième lecture. Pour l’entendre, il faut mettre le texte à l’endroit. Je vous laisse le soin de faire cet exercice.
 
Donc, dans cette histoire, s’il y a transmission d’un savoir, c’est Dieu qui la fait, ou le Christ, ce qui est la même action.
 
De quel savoir peut-il s’agir ?
 
Certainement, de « qui suis-je ? », de « qui est-il ? », en parlant de Dieu, et de « que dois-je faire ? » à la suite à cet appel.
 
Le savoir ou la connaissance se fait par effusion, car c’est l’Esprit.
 
Pour l’Esprit, tout est perméable. Sachant que l’Esprit c’est Dieu, et tout de Dieu est en lui.
 
Quand nous disons que la connaissance se fait par effusion, cela signifie qu’il faut marcher ensemble, il faut être ensemble. Ce n’est pas très différent de la relation maître disciple, ou de la dynamique de l’apprentissage, ou encore de l’idéal du compagnon du devoir.
 
 
Alors, je suis sensible à l’histoire de Samuel. C’est un jeune enfant, et c’est une belle histoire qui commence.
 
Il grandit avec Dieu ; Dieu devient ses parents.
 
Voilà une perspective que l’on peut toujours désirer pour son enfant. On sait qu’il ne se perdra pas, qu’il grandira droitement.
 
 
Les textes nous rappellent l’importance du montrer et du désigner dans l’apprentissage de la vie chrétienne.
 
Élie, Jean-Baptiste, André, ou peu importe son nom, quelqu’un doit dire : « le voici », ou « c’est sa voix », ou « je vais t’y emmener » 
Roland Cazalis, compagnon jésuite
1 S 3, 3b-10.19 ; Ps 39 (40), 2abc.4ab, 7-8a, 8b-9, 10cd.11cd ; 1 Co 6, 13c-15a. 17-20 ; Jn 1, 35-42
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