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Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Dimanche 25 juillet – 17ème dimanche du temps ordinaire, année B

Publié par Olivier de Framond, compagnon jésuite sur 24 Juillet 2021, 13:52pm

Catégories : #2017_framond

Le miracle n’est pas un « signe ». Le signe, c’est ce qu’un « consommateur » attend. Il attend un roi qui délivre Israël. Il attend une vedette face aux ennemis ressentis : Romains envahisseurs hier, financiers envahisseurs aujourd’hui, médias, et bien d’autres. Le miracle, ça ne se voit pas, c’est une disposition. C’est une manière de regarder, une façon d’accueillir le réel, une attitude intérieure d’émerveillement et de foi. Comment j’accueille cette grande foule sans berger ni roi ? Comment je prête attention à un tout jeune garçon ? Et aux 5 pains et 2 poissons qu’il a ? Avec des yeux baissés, je ne verrai qu’une masse de gêneurs. Jésus lève les yeux et rend grâces. Il accueille la foule, chacune, chacun, il s’émerveille de ces pains, ces petites choses, il voit en ce garçon le Dieu pauvre, son Père, qui comble son Bien-Aimé de sa pauvreté. Il prend, il reçoit ces pains et poissons comme un trésor, « la grâce qui suffit ». Le miracle est là. Plus tard les disciples le reconnaîtront.

Dieu naît dans une mangeoire. Il part comme un grain de blé qui meurt en terre sur une croix. De Noël à Pâques Dieu s’offre en pâture. Ici qui a vu Dieu s’offrir ? Un jeune garçon. Philippe. André. Celles et ceux qui voient Jésus prendre les 5 pains et 2 poissons. Pas la foule, consommatrice de signes. Plus tard peut-être, certains seront retournés et verront. La foule a vu un prophète, « celui qui vient dans le monde », annoncé par les Ecritures. C’est déjà pas mal. Ils n’ont pas vu encore le miracle et sa source. Ils ont cru voir un roi. Il se retire, seul, dans la montagne. Ils ne verront qu’un roi crucifié. Jésus, même frustré, consent pourtant à passer, à se donner, encore et toujours, sans jamais être reçu en vérité. Il vit ce à quoi Paul appelle l’Eglise d’Ephèse : l’humilité, la douceur, et la patience. C’est peut-être le seul, avec son Père, à croire en ce que l’Esprit fera en nous après son passage chez nous ! Le miracle sera de reconnaître le roi attendu en soi, de l’accueillir, en soi, en l’autre, dans un petit, chaque fois que nous espérons un salut. Le miracle sera quand « la grâce qui suffit » nous comble, Paul et nous tous. Alors nous pourrons mourir vivants, car nous recevrons ce qui nous est donné et nous remettrons au Père l’Esprit.

Olivier de Framond, compagnon jésuite

2R 4,42-44 ; Ps 144 (145), 10-11, 15-16, 17-18 ; Ep 4,1-6 ; Jn 6,1-15

 

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