Marie c'est la figure de l'humanité choisie par Dieu. C'est notre humanité en devenir, une terre qui s'ouvre à sa Parole. C'est la soif des humains reliée à la soif de Dieu qu'elle révèle. "Elle crie", dans les douleurs d'un enfant qui ment, le verbe est au présent. C'est qu'elle aide Dieu a achevé encore en nous ce qui n'est pas encore créé. Les douleurs et la torture de cet enfantement expriment ce qui en moi, en nous, en notre monde, refuse de se laisser créer.
Où chercher et trouver la mère de Dieu et notre mère ? Au désert. L'enfant part au ciel, lieu où le mal, le Mauvais, n'a pas accès. "Ma vie, nul ne peut la prendre, c'est moi qui la donne". Elle trouve un tel désert chez sa cousine Élisabeth. Le désert est un espace de silence, d'intériorité, et aussi de tentations, un lieu de repos et de vulnérabilité. Là se produit cet échange étonnant à 4 : une vie intérieure, cachée, celle de Jésus à peine conçu, est reconnue par une autre vie cachée, intérieure, Jean-Baptiste. L'Esprit fait le facteur et révèle à Élisabeth la nouvelle. "À l'ombre de l'Esprit, pas d'évidence, juste un tressaillement", écrit un poète. Et Marie, entonne un Magnificat qui est le chant fruit de l'Esprit, révélateur de la vie intérieure !
Marie, je crois qu'on aime la prier car elle est la vie de notre combat véritable, et la mère de notre combat, celui de l'humilité ! "Il élève les humbles". Ainsi célébrons nous son Assomption aujourd'hui. Et l'humilité du Fils sera reconnue par un centurion au soir de la croix : "vraiment celui-ci était fils de Dieu". C'est encore la trace de l'esprit qui entend et révèle les trésors cachés intérieurs. L'Assomption de Marie, accueillons-la, cachée, qui se révèle dans l'enfantement des tout-petits. Ils ont passé le dernier ennemi qui voile la ressemblance de Dieu : la mort, le péché, selon les mots de Paul. Ce dernier ennemi sera anéanti. Merci Marie !
Olivier de Framond compagnon jésuite
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