Jardinier de Dieu

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Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Mt 18, 21 – 19, 1 « pardonner, c’est vivre pleinement… »

Publié par Jean-Luc Fabre compagnon jésuite sur 13 Août 2026, 06:59am

En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois. Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “ Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. » Lorsque Jésus eut terminé ce discours, il s’éloigna de la Galilée et se rendit dans le territoire de la Judée, au-delà du Jourdain.

Demander le pardon, le donner, le recevoir. Laisser la Vie nous réunir à nouveau à partir du don que je fais de moi, librement royal…

Demander le pardon, le donner, le recevoir. Laisser la Vie nous réunir à nouveau à partir du don que je fais de moi, librement royal…

Pierre avance toujours plus profondément dans sa relation avec le Seigneur. Dès lors, Pierre le questionne pour continuer à avancer vers l’orient que Jésus lui ouvre, à lui ainsi qu’à ses compagnons. Il pose une question concernant le pardon. Un acte qui donne de faire évoluer toute la relation entre celui qui a été offensé et celui qui a offensé. Dans sa réponse parabolique, Jésus nous montre le chemin de transformation existentielle auquel appelle le pardon à vivre. Attachons-nous à quelques mots du passage de l’évangile et laissons-nous guider par eux.

« Serviteur mauvais ». Un serviteur se trouve toujours entre la chose à faire, le service, et celui pour qui il le fait, le maître. Pourquoi donc le maitre traite-t-il cet homme de « mauvais serviteur » ? C’est qu’il ne tient pas bien l’une ou l’autre dimension… Dans la mesure où il était en dette et que la dette lui avait été remise, le service est hors course, c’est donc pour la relation avec le maître que le maître le traite de serviteur mauvais. Il n’a pas évolué dans sa relation avec le maître alors qu’il aurait dû.

« J’avais eu pitié de toi » Oui le maître a eu pitié de lui, et l’homme aurait dû recevoir cette pitié envers lui et se laisser transformer par elle. La pitié si nous la recevons nous transforme nous donne de rouvrir notre cœur, de retrouver notre générosité native. Pour vivre la transformation proposée, cela demande du temps, de laisser ce qui m’a été dit, ce qui m’a touché entrer plus profondément en moi. Cela demande que la relation ne soit pas considérée comme un simple moyen pour avancer selon mon plan mais qu’elle soit reçue comme ce qui fondamentalement me fait vivre.

« Chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur » S’indique alors pour nous une attitude de vie. Le pardon doit emporter en nous le profond de notre être. Il n’est pas un calcul dans la situation présente. Il est le signe que ma liberté profonde retrouve son dynamisme créateur. Je pardonne, je donne à nouveau, je suis libre et pleinement moi-même. Je donne au-delà de tout calcul, je donne parce que j’aime, que je dis « oui » à la vie. Ce chemin de vie me conduit à être le frère, la sœur de celui qui m’a blessé, je deviens un fils à l’image de mon Père, de notre Père.

Jean-Luc Fabre compagnon jésuite.

 

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