« Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? » Cette question du Seigneur dans la bouche du prophète Ésaïe nous est également adressée. Elle peut être une grille de relecture de cette année scolaire qui vient de s’achever il y a un mois. C’est, en creux, la question des idoles. En quoi, en qui mettons-nous notre confiance ? Qu’est-ce qui me donne du goût, de l’élan ? Ces motions intérieures, auxquelles Ignace de Loyola — célébré vendredi dernier — nous invite à être attentifs, peuvent nous guider sur le chemin de notre vie.
La relecture à la lumière de la Parole
Pour répondre à ces questions, nous pouvons utiliser notre intelligence, notre mémoire, mais cela ne suffit pas. Nous avons besoin d’éclairer notre démarche avec la Parole de Dieu et l’aide de l’Esprit. Ainsi, nous pourrons cheminer vers cette vie en abondance que nous promet le Seigneur.
Pour autant, il faut savoir discerner entre l’essentiel, l’important et l’anecdotique. Il y a des choses que nous faisons, des rencontres qui nous donnent de l’espérance, d’autres qui nous épuisent et nous vident de tout désir, de toute énergie. Il faut donc discerner ces lieux de vie et de mort pour marcher davantage du côté de la vie, celle qui nous donne de mieux servir et aimer le Seigneur et nos contemporains.
Le Dieu que nous cherchons nous choisit pour porter la bonne nouvelle de son amour et donc pour servir là où nous sommes, emplis de l’Esprit de vie. C’est là une règle simple pour avancer, dans cette relecture, sur le chemin de la vie. Là où nous sommes désaltérés, là où la joie résonne dans notre cœur, c’est alors que le Seigneur est avec nous et nous avec lui.
Au service de sa majesté ?
Mais avons-nous faim et soif du Seigneur ? Avons-nous le désir de chercher le chemin qui nous conduit à être avec lui, à le contempler pour mieux servir ce monde ? C’est peut-être la question centrale que nous pouvons nous poser dans cette relecture d’année.
Si ce sont les idoles que nous servons, nous risquons de très vite être lassés, fatigués et asservis. Nous voyons les ravages que font dans notre monde la quête de la toute-puissance, de l’argent, du pouvoir pour le pouvoir. Nous pouvons penser que ce sont des tentations qui ne risquent pas de nous concerner, car nous sommes loin des sphères de pouvoir. Mais soyons attentifs à nos manières d’être dans nos lieux de vie : famille, travail, associations, communautés chrétiennes.
N’oublions pas que si nous choisissons de suivre le Christ, c’est derrière l’étendard de la croix qui nous fait devenir serviteur à la suite du Christ, serviteur par excellence. Notre « seule gloire est le service, l’amour de ceux que l’on oublie » comme l’a écrit le jésuite Didier Rimaud. Cela demande de notre part de l’humilité et, en même temps, de l’inventivité.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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