« Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées », entendons-nous dans la bouche d’Esaïe dans la première lecture de ce 25ᵉ dimanche ordinaire. C’est là, sans nul doute, la clé de compréhension de l’Évangile de ce dimanche. Nous y entendons la parabole des vignerons de la dernière heure. Il est vrai que ce passage peut susciter notre incompréhension et lever en nous des sentiments d’injustice.
Invités à la vigne du Seigneur
Mais, regardons bien qui embauche. Ce n’est pas n’importe quel vigneron, ni n’importe quelle vigne. C’est celle du Seigneur dans laquelle nous sommes invités à travailler. Alors, cette perspective change tout car nous savons bien que le Seigneur ne nous rémunère pas selon notre mérite, notre bravoure ou notre capacité.
Ainsi, nous sommes tous et toutes invités à nous mettre en route, à nous rendre disponibles pour prendre soin de la vigne du Seigneur. Elle n’est autre que ce monde dans lequel nous sommes ici et maintenant. Il est important de nous souvenir de qui est le Seigneur et de ce qu’il réclame de nous, comme nous le lisons chez le prophète Michée (Mi 6, 8). Il s’agit de nous laisser entraîner à sa suite, de nous laisser rejoindre par son désir de nous associer à son œuvre de création et de réconciliation. Aussi, réjouissons-nous au lieu d’être habités par la rancœur, tels les ouvriers de la première heure de la parabole de ce dimanche.
Au final, le contrat passé par le maître de la vigne était clair : un denier pour celui qui vient travailler. Alors, pourquoi critiquer la bonté du Seigneur alors que nous-mêmes ne sommes ni toujours bons, ni toujours justes ?
Participer à la mission du Christ
Ainsi, cet Évangile des ouvriers de la dernière heure à la vigne du Seigneur nous invite à entendre l’appel à prendre part au travail du Seigneur et à le louer, car lui, il est juste et bon. Mais, que signifie travailler à la vigne du Seigneur ? Comment participer à la mission du Christ ? Nous sommes parfois démunis face aux besoins de notre monde, sans savoir comment ’y apporter une réponse chrétienne.
Peut-être, tout d’abord, reconnaître que nous sommes les collaborateurs de Dieu : nous sommes invités à travailler avec lui, en son nom. Ainsi, le monde ne repose pas entièrement sur nos épaules. Travailler avec lui, dans sa vigne, c’est l’entendre nous inviter à être avec lui. La première attitude qui paraît utile, c’est de nous placer en sa présence, de nous recevoir de lui. Aussi, il est important de comprendre comment nous pouvons être à son service et à celui des femmes et des hommes de ce temps.
Prier pour mieux servir
Cela signifie concrètement de prendre du temps pour le rencontrer dans la prière. C’est dans ce cœur à cœur, dans ce dialogue d’un ami qui parle à son ami et qui sait se taire pour l’écouter, que nous pourrons commencer à discerner la voie du plus grand service. La prière est l’âme de la mission.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
/image%2F0931903%2F20260920%2Fob_941c4f_vigne.jpg)
