Servir à la suite du Christ, donner à manger la manne du Christ aux femmes et aux hommes de ce temps, c’est être serviteur de sa mission. Dans l’Évangile de ce dimanche, nous entendons que les disciples donnent à manger les pains multipliés par Jésus. Il ne leur demande pas de multiplier les pains — c’est là l’œuvre du Seigneur — mais de les distribuer. Ils deviennent ainsi partenaires de la mission du Christ. Nous aussi, à la suite du Christ et des premiers disciples, nous avons à répondre à ce même appel. Souvenons-nous que les disciples étaient des gens ordinaires, des travailleurs. Le Christ les a choisis non pas en raison de leur savoir-faire, mais de leur capacité à entendre la Bonne Nouvelle et à se laisser saisir par Jésus.
Le monde a besoin de l’Amour de Dieu
Ne cherchons pas à passer à côté de cet appel. Chacun d’entre nous est capable de servir la mission du Christ, de partager l’Évangile avec nos frères et sœurs en humanité. Le monde en a besoin. Il a besoin de cette parole de Dieu, certes tranchante comme le glaive, exigeante comme l’amour, mais qui peut changer la face du monde.
Cette capacité vient du fait que la parole de Dieu, cette parole que nous avons à apporter au monde, est avant toute chose miséricordieuse. C’est-à-dire qu’elle ne vient pas juger, jauger, peser ou sous-peser. Elle est d’abord et avant tout plongée dans l’amour de Dieu, qui nous veut pour sa louange et son service, pour que nous l’annoncions par et dans toute notre vie. Cet amour est surabondant comme les pains et les poissons multipliés ; il en reste pour être distribué à ceux qui le désirent.
Notre monde a besoin de missionnaires qui portent cet amour de Dieu à ce monde désuni. Les femmes et les hommes de ce temps ont besoin d’espérance et de paix. Il ne s’agit pas de vaines promesses, une sorte d’opium du peuple, pour supporter les tribulations de notre temps. Le Christ nous appelle à porter son espérance et sa joie par des gestes concrets quotidiens. C’est l’incarnation de ce « Donnez-leur vous-mêmes à manger » entendu dans l’Évangile de ce dimanche. C’est dans la proximité avec nos frères et sœurs en humanité que nous pouvons montrer le visage souriant du Ressuscité. Un visage qui n’efface pas les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, mais qui les porte pour qu’à notre tour nous trouvions des raisons d’espérer encore.
La force que le Ressuscité vient nous apporter, c’est de trouver sur notre route des compagnons de Jésus qui sachent tendre la main pour accompagner, relever, consoler des frères et sœurs et reprendre la route à la suite du Christ. Nous avons à le mettre au cœur de notre vie, de notre mission, de tout ce que nous faisons.
Car, comme le rappelle Arturo Sosa, préposé général des jésuites : « Ce n’est que lorsque nous laissons Dieu agir véritablement en nous que nous pouvons devenir d’authentiques apôtres. » Cela demande de notre part de savoir discerner ce qui est de notre responsabilité collective ou individuelle et celle de Dieu. Notre mission est de collaborer pleinement, entièrement, volontairement à l’œuvre de salut voulue par Dieu, non d’en être les auteurs.
Laissons Dieu être Dieu et prenons notre pleine part à l’annonce de l’Évangile. Prions donc les uns pour les autres, les uns avec les autres, afin que le Seigneur nous en donne la grâce.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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