En ce temps-là, comme une grande foule se rassemblait, et que de chaque ville on venait vers Jésus, il dit dans une parabole : « Le semeur sortit pour semer la semence, et comme il semait, il en tomba au bord du chemin. Les passants la piétinèrent, et les oiseaux du ciel mangèrent tout. Il en tomba aussi dans les pierres, elle poussa et elle sécha parce qu’elle n’avait pas d’humidité. Il en tomba aussi au milieu des ronces, et les ronces, en poussant avec elle, l’étouffèrent. Il en tomba enfin dans la bonne terre, elle poussa et elle donna du fruit au centuple. » Disant cela, il éleva la voix : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » Ses disciples lui demandaient ce que signifiait cette parabole. Il leur déclara : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume de Dieu, mais les autres n’ont que les paraboles. Ainsi, comme il est écrit : Ils regardent sans regarder, ils entendent sans comprendre. Voici ce que signifie la parabole. La semence, c’est la parole de Dieu. Il y a ceux qui sont au bord du chemin : ceux-là ont entendu ; puis le diable survient et il enlève de leur cœur la Parole, pour les empêcher de croire et d’être sauvés. Il y a ceux qui sont dans les pierres : lorsqu’ils entendent, ils accueillent la Parole avec joie ; mais ils n’ont pas de racines, ils croient pour un moment et, au moment de l’épreuve, ils abandonnent. Ce qui est tombé dans les ronces, ce sont les gens qui ont entendu, mais qui sont étouffés, chemin faisant, par les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie, et ne parviennent pas à maturité. Et ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont les gens qui ont entendu la Parole dans un cœur bon et généreux, qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance. »
En cette journée du patrimoine, souvenons-nous que notre pays a recommencé à dire pleinement oui à la vie en 1942 avec le redressement de notre natalité.
La parabole est comme prise en sandwich entre le début et la fin de ce passage… Le début est marqué par cette accumulation de semence… « le semeur est sorti pour semer la semence » que cherche-t-elle à dire cette accumulation à celui qui l’écoute, qui la lit… une réalité cherche à se transmettre non pas un bien mais une action. Comme si plus que de vouloir donner la semence, le semeur cherche à former de nouveaux semeurs, à transmettre une manière de faire, une action… cette manière peut orienter notre manière de recevoir la parabole. Nous avons à entrer dans le geste du semeur pour nous même devenir semeur à notre tour… cela nous ouvre à une certaine image du mystère de la vie. Elle se donne au point de permettre à celui qui la reçoit de pouvoir lui aussi la transmettre… avec tout ce que cela implique sur notre propre identité. Nous sommes capables de vie.
Nous trouvons une confirmation de cette manière de voir à la fin du texte « « porter du fruit par leur persévérance ». Ils sont vraiment actifs « ces gens doués d’un cœur bon et généreux ». Cette parabole nous indique bien ce qui est en jeu. Non pas de recevoir et de profiter mais de devenir comme celui qui est sorti, animés par la Parole, la Parole de Vie qui donne à chacun d’entrer dans cette Vie qui se propage.
Recevons pour nous cette perspective : être pleinement mis dans le mouvement de la Vie, laisser en nous cette perspective produire son fruit en nous donnant de devenir nous-mêmes sources pour les autres.
Jean-Luc Fabre compagnon jésuite
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