Ainsi, avant de faire quoi que ce soit à la vigne du Seigneur, prenons le temps de rencontrer le vigneron. La prière nous permet à la fois de recueillir la force qui nous manque pour la mission et de bien orienter l’action. Cela peut nous paraître futile devant les besoins de notre monde. Pourtant, c’est une grande responsabilité de prendre ce temps, car cela nous fait reconnaître que nous ne sommes pas les maîtres du temps. Le temps est nécessaire pour bien accomplir les œuvres du Père.
La prière nous donne le temps de respirer au souffle de Dieu, de marcher au rythme de Dieu. Et c’est dans la prière que nous découvrirons, petit à petit, qui est Dieu. Donc, il nous faut nous réjouir de cet appel qui nous est fait de prier, d’entrer en relation avec notre Dieu, qui est riche en pardon et en miséricorde. Cette richesse nous amène à essayer, à notre tour, d’être entraînés dans le mouvement de Dieu, de ne pas rester sur les places à regarder le temps passé.
Au service de la moisson
Dieu nous veut à sa vigne, pour le salut du monde, aujourd’hui et demain. À cet appel, nous pouvons répondre à notre rythme, comme nous le montre l’Évangile de ce dimanche. Même si les ouvriers de la vigne sont peu nombreux et la mission abondante, chacun peut rejoindre le Seigneur à son rythme, lorsqu’il sentira que c’est le bon moment. Attention, toutefois, à ne pas sans cesse tout reporter au lendemain sous de faux prétextes. Être prêt, ce n’est pas être parfait, c’est entendre la voix de Dieu nous convaincre de le suivre et de travailler à sa vigne.
N’ayons pas peur de nous laisser engager à la vigne du Seigneur, c’est un chemin de vie pour préparer le vin des noces de l’Agneau. Le Seigneur nous appelle individuellement pour former son peuple, son Église. Ainsi, nous ne sommes pas seuls à être invités à travailler à la vigne, mais chacun d’entre nous le fait avec ce qu’il est. Même si nous sommes appelés à être à la ressemblance du Christ, il ne s’agit pas d’être une copie conforme.
Chacun d’entre nous est invité à prendre la suite du Christ dans la singularité de sa personnalité. C’est pourquoi c’est un appel individuel, personnel, auquel le maître de la vigne nous appelle. Cela doit être une joie pour nous, car nous pouvons alors déployer l’ensemble de nos charismes. Ainsi, nous pourrons, comme nous y invite la prière d’ouverture de ce dimanche, servir avec un cœur sans partage.
N’oublions pas que le service du Seigneur est avant tout le service des femmes et des hommes de ce temps. C’est donc bien dans une dynamique de disponibilité intérieure que nous devons être, afin d’être davantage disponibles à nos contemporains.
Aussi, il nous faut prier davantage pour que la grâce nous soit donnée d’oser répondre à l’invitation de travailler à la vigne du Seigneur. Ainsi, notre vie sera tournée vers le plus grand bien et cherchera à faire croître, avec l’aide de Dieu, ce que nous sommes en vérité. Confiants en la miséricorde de Dieu, nous pouvons nous reposer en lui. Demandons-lui aussi, pour nous et pour nos contemporains amoureux de Dieu, la grâce de nous laisser conduire aux carrefours du monde pour témoigner de la joie de le connaître aux femmes et aux hommes de ce temps.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
/image%2F0931903%2F20260920%2Fob_74b60c_raisin.jpg)
