Regardons le grain de moutarde dont Jésus nous parle dans l’Évangile. Il est tout petit, mais quand il pousse, il devient une plante généreuse. Aussi, dans notre vie spirituelle et temporelle, ne négligeons pas ce qui est petit. Car c’est le premier pas qui compte, puisqu’il entraîne le second et ainsi de suite. Si nous ne plantons rien, rien ne risque de pousser. C’est du bon sens qu’il nous faut garder au cœur. Nous sommes parfois frileux dans nos initiatives, certains que c’est une impasse. Là aussi, le discernement doit être un réflexe.
La question que nous avons à poser, à nous poser, c’est de quelles manières cela fait grandir le Royaume et sa justice ? Autrement dit, comment ce que nous voulons entreprendre peut aider à faire croître le monde dans lequel nous vivons. Car l’essentiel est là. Il n’est pas dans l’accumulation, l’accroissement, l’engrangement, mais dans ce qui apporte du « davantage », du mieux. Si nous voulons demeurer les « fils du Royaume », cherchons vraiment ce qui conduit à un plus grand service de nos frères et sœurs en humanité. C’est peut-être ainsi que nous éviterons cette fournaise et autres pleurs et grincements de dents, et pourrons être davantage ajustés à la plénitude de l’amour de Dieu.
Ce n’est pas facile, car cela demande vraiment de se laisser porter par la grâce de Dieu, de se soumettre toujours à la vigilance de l’Esprit pour orienter le sens de notre action. Agir ainsi, c’est faire preuve de prudence ; cela permet de marcher dans la vérité de ce que nous sommes et de ce que nous voulons au nom du Seigneur.
S’il nous faut user de discernement dans toutes les choses, c’est pour que l’espérance, la foi et la charité puissent croître davantage en ce monde et en ce temps. Ainsi, nous pourrons transmettre le message du Christ, que nous portons dans des vases d’argile, par et dans ce que nous sommes. Mais, une fois encore, ce n’est pas à la force de nos actions, en multipliant les plans stratégiques, que nous pourrons porter du fruit.
C’est bien plus en tâchant d’être davantage présents à ce qui germe en ce monde, en nous mettant à l’écoute du cri des pauvres et des clameurs de la terre, que nous pourrons faire resplendir la Gloire de Dieu. Elle n’est autre qu’œuvrer en faveur de la dignité de toute personne et de chaque personne.
Privilégions les relations, les rencontres, les échanges. Laissons résonner ces mots partagés ; ils sont souvent saveur d’Évangile. Alors, prenons le temps d’être avec ceux et celles qui nous sont donnés, savourons leur présence au cœur du temps. Ils nous révèlent que Dieu se dit dans la rencontre, dans une parole qui se laisse saisir par le don de l’Esprit.
Pour autant, demandons la grâce à ce même Esprit, pour nous-mêmes et les uns pour les autres, de mettre une garde à notre bouche pour que nos paroles soient conformes à nos actes et ne sèment pas l’ivraie au cœur du bon grain.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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