Après la pluie et la neige, voilà que l’Évangile nous parle de fournaise ce dimanche. Le lieu des pleurs et des grincements de dents. Les discours en paraboles sont imagés pour mieux faire saisir ce que le Seigneur nous dit. Tout est donc une question de mesure et de discernement chez le Christ. Il fait, avec nous, de l’horlogerie, de l’orfèvrerie pour nous mener à la plénitude de notre humanité.
Le discernement au cœur de nos vies
En nous, sommeillent à la fois l’ivraie et le bon grain. Il est important d’en avoir conscience. Nous ne sommes pas des êtres purs, dénués de fragilité, de tentation, de défi et autres volontés de puissance.
Même si nous voulons servir le bien, nous constatons que ce service n’est pas toujours, pas complètement, désintéressé. Il y a toujours un petit quelque chose, une petite voix intérieure — tel le diable de Milou dans les albums de Tintin — qui veut se servir pour sa propre gloriole. Pour autant, s’empêcher de vouloir servir, de désirer être disponible pour les autres au nom de cette tentation serait trop facile. Cela reviendrait à enlever l’ivraie et le bon grain en même temps et donc à tout détruire. Ce que le Seigneur nous demande, c’est de discerner, de séparer ce qui, dans nos vies, nous entrave de ce qui nous élance.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
La période d’été actuelle, malgré les chaleurs, est propice à ce type d’exercice. Nous pouvons poser cette recherche intérieure lentement, tranquillement, au rythme de nos jours. C’est important d’identifier ce qui nous empêche de porter du fruit, et aussi la manière dont, parfois, nous agissons et nuisons ainsi aux fruits des autres. Prendre le temps de se regarder en face avec l’aide de l’Esprit, non pas pour nous affliger et nous désoler, mais pour laisser l’Esprit nous consoler. C’est-à-dire nous faire entrer dans le discernement de ce qui est bon pour nous et nos frères et sœurs en humanité. Cet exercice est bon pour nous, car il nous offre une occasion de relecture de tout ce que nous faisons, de toutes ces actions que nous enchaînons les unes après les autres. Notre vie peut ressembler à une accélération permanente ; nous aimerions faire tant de choses, mais le temps et l’énergie nous manquent. Ce sont là des désirs de démiurge.
Porter notre regard sur le Christ
Regardons le Christ. Il se laissait rencontrer, toucher, interpeller. Il était sans cesse en interaction, mais en prenant véritablement le temps de la rencontre. Nous, nous nous comportons comme l’ennemi de la parabole : nous semons, l’ivraie de l’ivresse de notre faire, au milieu du champ de blé de ce que nous sommes.
Il est vraiment important de se poser, de faire cet effort de discernement. Ce n’est pas du temps perdu que de s’arrêter pour mieux entendre ce que le Seigneur veut nous dire. C’est dans ce silence parlant que nous pouvons reprendre souffle, écouter ce qu’il susurre à l’oreille de notre cœur. Ainsi, dans ce discernement, nous sentirons le vent de l’Esprit nous inviter à reprendre la route à sa suite. Pour autant, cela demande d’accepter de « perdre » notre précieux temps et de nous laisser conduire par l’Esprit.
Nous sommes souvent des gens pressés, trop pressés, qui passent à côté des choses essentielles de la vie. Gardons vraiment au cœur l’importance du temps des semailles et des récoltes.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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