En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »
Recherchons ce qui dans ce passage d’évangile proposé par l’Eglise consonne avec le moment liturgique, après l’Ascension juste avant la Pentecôte. Sans aucun doute ce passage est porteur sans exclusive du sens à ce moment présent et revécu chaque année de la dynamique pascale qui donne à l’Eglise de prendre forme et de se rendre disponible pour sa mission terrestre. « Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé ». S’exprime là l’unité entre chrétiens comme fruit de l’unité au sein de la Trinité et principal moyen de l’annonce de la foi dans le mystère de la révélation du Dieu Trinitaire.
« Eux aussi » Voilà une promesse annoncée jadis, qui aujourd’hui avec le départ du Seigneur s’accomplit. Elle nous concerne tous, les croyants du temps de Jésus, du passé, du présent, du futur. Le départ de Jésus nous donne de vivre une transformation, autorisée par la Mort et la Résurrection du Seigneur mais rendue opératoire par le départ du Seigneur. Nous pouvons nous unir grâce à l’union du Père et du Fils et au départ du Fils. Les premiers chrétiens l’ont expérimenté, nous aussi nous le pouvons
« Un en nous » l’unité divine entre le Père et le Fils » se manifestant, elle donne à l’unité des croyants d’être suscitée. Comment ? Tissant profondément la relation avec le Fils ressuscité, chacun de nous est appelé à entrer dans le plus intime du Fils, à découvrir la relation à son Père, à l’unité qui vit entre eux. Cette unité perçue, reçue, goûtée alors tisse l’unité entre tous les croyants. De la relation vécue au Fils et au Père naît en nous l’ouverture au frère, au pardon du proche… une unité prend consistance et cette dernière ouvre aussi à l’attente au sein de la Trinité : que le monde croie !
« Pour que le monde croie que tu m’as envoyé » l’unité comment agit-elle ? par la force de son témoignage envers le monde mais aussi par le fait que l’union entre nous rendue possible et soutenue par l’unité entre le Père et le Fils est ce lieu de ressourcement intérieur qui nous donne de pouvoir être dans le monde offerts pour témoigner, pour donner aux autres de connaître le mystère de Dieu qui s’est manifesté par la venue du Fils. S’ouvre à nous le sens du temps qui vient : vivre intérieurement de l’amour entre le Fils et le Père, s’y ressourcer pour annoncer, témoigner de cet amour au monde entier.
Jean-Luc Fabre compagnon jésuite
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