Il y a 50 jours, nous célébrions Pâques, lumière de la vie du Christ pour le monde. Aujourd’hui, nous recevons, avec joie, la plénitude de la vie de Dieu par le don de l’Esprit. Nous sommes ainsi invités à nous ressaisir du don reçu lors de notre baptême et – pour certains et certaines d’entre nous – lors de notre confirmation.
Don de l’Esprit, don de la Joie
Le don de l’Esprit nous appelle à témoigner de la grâce reçue de devenir enfants d’un même Père, appelés à témoigner de la vie même de Dieu. Une vie qui est pleinement tournée vers le don du fol amour de Dieu pour chacun et chacune d’entre nous en vue d’une plus grande joie.
La dernière strophe de la séquence de Pentecôte fait cette prière à l’Esprit : « Donne la joie éternelle. » La joie est sans doute ce qui nous manque le plus, au côté de l’espérance. Elle est ce qui nous permet d’être en plénitude là où nous sommes. Ne la confondons pas avec le bonheur, le plaisir. La joie est plus qu’un sentiment, elle est la certitude intérieure que nous sommes ajustés, aussi possible que cela le soit, à la vie même de Dieu.
Ainsi, la joie éternelle, c’est communier à la plénitude de la vie même de Dieu, c’est entrer dans son dynamisme, sans peur, sans crainte, sans appréhension. C’est ce que les apôtres semblent avoir découvert le jour de la Pentecôte en s’exprimant selon le don de l’Esprit et compris de tous.
Apprendre à se comprendre
Aujourd’hui encore, malgré tous les outils technologiques, il est difficile de se comprendre. Tant de maux viennent par les mots. Aussi, il faut prendre le temps de se créer un vocabulaire commun, de bien se comprendre sur les mots pour entrer en dialogue avec nos frères et sœurs en humanité. Ainsi, il ne suffit pas de parler la langue de l’autre, de savoir l’interpréter ; il est important de parler le même langage, la même grammaire, le même dialecte même. Sinon, nous n’en finirons pas de créer des conflits, des désaccords et, au final, des frustrations.
Vivre la Pentecôte, c’est entrer dans un chemin de rencontre avec l’autre pour mieux le comprendre et ainsi mieux l’aimer. L’Esprit nous aide dans cette œuvre de joie qui peut être toutefois difficile. Mais le but final que demande cet effort est tout de même dynamisant : que chacun entende parler en sa langue des merveilles de Dieu, de la joie de l’Évangile.
C’est l’appel que la Parole de Dieu ne cesse de nous faire : aller aux carrefours du monde, témoigner par ce que nous vivons que le Christ est au cœur de nos vies. Cela ne nous rend pas particulièrement plus parfaits que les autres, plus vertueux… mais cela réclame de nous une exigence, une bienheureuse vigilance qui nous tient en éveil.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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