Contempler le Ressuscité
Regardons le Ressuscité, il porte encore les blessures qui lui ont été infligées lors de sa crucifixion. Ainsi, nous comprenons davantage que la force de Dieu se manifeste dans la fragilité, dans le refus de la surpuissance. Si Dieu choisit de se conduire ainsi, de se déposséder c’est pour que son Amour puisse pleinement se déployer au cœur du monde par le don de l’Esprit. Cet Esprit porte des fruits mais de manière beaucoup moins évidente que ce que nous relate la première lecture. Rare – reconnaissons-le sont « les possédés délivrés des esprits impurs, qui sortent en poussant de grands cris » et les « paralysés et les boiteux guéris ».
S’enraciner dans l’espérance
L’Esprit demeure à l’œuvre en ce monde et en ce temps. Pour le découvrir il faut chausser les yeux de la foi et être capable de lire les signes des temps. L’Esprit nous invite à toujours rendre compte de l’Espérance qui est en tout. Cette espérance qui prend sa source dans le tombeau vide du matin de Pâques nous invite à œuvrer en faveur de la paix, de la réconciliation et de la concorde.
Même au cœur d’une situation complexe, qui semble inextricable, il y a toujours un chemin lumineux qui est possible. La lumière n’est jamais complètement éteinte et la force de Dieu nous invite à véritablement « espérer contre toute espérance ». C’est ce qui donne l’énergie de poursuivre la route à la rencontre de nos frères et sœurs en humanité, d’être un appui, un soutien, une présence à celui ou celle dont la marche est fragile. C’est ainsi par cette proximité avec l’autre que nous pourrons mieux servir et aimer « le tout autre ».
Cette espérance est véritablement ce qui nous permet de faire advenir toutes choses nouvelles en Christ. Il ne s’agit pas de performance, mais de rendre fécond un chemin de vie. Jésus ne nous choisit par pour devenir ses disciples parce que nous serions meilleurs que les autres. Les Apôtres ne brillaient pas par leur compréhension du mystère, ni par leur lucidité apostolique. Mais, ils se sont laissés saisir, ils se sont laissés façonner par cette force tranquille de Jésus.
Le Christ n’est pas venu pour asseoir une quelconque volonté de puissance mais pour montrer le Père. Jésus était en mission pour que nous puissions découvrir la puissance de l’Amour de Dieu et la force de l’Esprit. Aussi, c’est pour nous l’occasion de nous interroger sur notre vocation de disciples-missionnaires. De quelles manières entendons-nous cet appel de Jésus à accueillir l’Esprit pour devenir davantage des témoins de l’Espérance ?
Ce sont là des questions qui peuvent nous guider pour mieux vivre notre baptême dans une dynamique missionnaire afin d’aimer et de servir, au nom du Seigneur, toute l’humanité. Prions donc les uns pour les autres, les uns avec les autres, afin de nous laisser guider par l’Esprit. Qu’Il nous guide et nous révèle que la tendresse du Père nous rejoint, et qu’Il nous envoie pour annoncer ses merveilles en plein monde.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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