Le hasard du calendrier liturgique fait que nous célébrons le dimanche du Bon Pasteur, 4e dimanche de Pâques, à quelques jours de l'anniversaire du décès de notre bien-aimé pape François. Comment ne pas entendre dans ce passage des Actes des Apôtres, entendu ce jour : « La promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont loin, aussi nombreux que le Seigneur notre Dieu les appellera » (Ac 2, 39), le « todos, todos, todos » de François ? Cette maxime, qu'il n'a jamais cessé de répéter, n'est pas une invention de sa part. Il s'agit de faire saisir que l'annonce de l'Évangile est pour chacun et chacune des femmes et des hommes de ce temps. Nul ne peut, nul ne doit être privé de cette annonce que le Seigneur nous aime follement, infiniment, gratuitement.
François et le Bon Pasteur
Cet amour fou de Dieu, cette miséricorde du Père que le Fils vient annoncer, est présenté dans cet Évangile du Bon Pasteur. Il n'enferme pas ses brebis dans un enclos, il ne les force pas à rentrer dans le pâturage, il les conduit librement. Le bon pasteur est devant nous, dit Jésus. Il vient nous ouvrir la route pour nous conduire vers le Père. Il nous pousse même à sortir pour pouvoir être libres.
Le pasteur suprême, qui est le Père, nous invite à goûter au parfum de la liberté, de l'Amour et de la confiance. Il n'y a pas de surprises avec lui, il n'y a pas la « carotte et le bâton », il nous aime et veut nous conduire davantage sur le chemin de cet amour.
Ainsi, nous qui avons reçu en cadeau la foi de l'Évangile, soyons attentifs à ce chemin de liberté qui nous est annoncé en cet Évangile. Nous sommes appelés à prendre « le chemin d'une conversion pastorale et missionnaire » (EG 25). C'est-à-dire à toujours nous en remettre à la miséricorde du Père pour nous recevoir de Lui et l'entendre nous inviter à prendre la route vers nos frères et sœurs en humanité.
Cheminer dans le troupeau du Bon Pasteur
Ne nous satisfaisons jamais du chemin accompli, de cheminer dans le troupeau du Seigneur. D'autres cherchent la porte pour entrer et trouver un pâturage où ils seront accueillis comme ils sont et tels qu'ils sont. À nous de les accompagner, de les intégrer dans le troupeau, non pour qu'ils suivent bêtement, mais pour qu'ils se sentent en communion.
L'annonce de l'Évangile, ce n'est pas une suite de vérités à apprendre et une suite de comportements à suivre ; c'est connaître, au sens littéral, cet « homme au cœur de feu » appelé Jésus. Ensuite, alors, nous pourrons renaître comme nous l'avons célébré à Pâques avec Lui.
C'est en cheminant avec Jésus que nous pourrons annoncer l'Évangile par et dans toute notre vie. Même au cœur de nos imperfections, de nos (trop) nombreuses ruptures d'alliance, si nous choisissons le Christ pour « maître et pour ami », nous serons conduits par l'Esprit vers le Père. C'est dans cette dynamique que nous pourrons évangéliser.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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