En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit. Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »
Le temps pascal est ce temps béni où il nous est offert de comprendre un peu plus le chemin d’union sur lequel nous sommes déjà et qui ne cesse de nous appeler pour aller vers son terme : le Royaume de Dieu.
« Ils seront tous instruits par Dieu lui-même » deux choses à retenir de cette déclaration vétérotestamentaire. L’intimité promise à chacun des membres de l’humanité dans cette éducation. L’instruction est réalisée en direct, depuis toujours, par le Père auprès de chacune de ses créatures, l’ouvrant à une relation intime. Cette éducation se fait dans l’épaisseur des histoires, la durée des vies pour accéder à la complétude de l’instruction où chacun prend conscience que tout autre humain est son frère, car, de fait, ils partagent la même Vie. « Il a la Vie éternelle, celui qui croit ». Sa vie propre est tenue alors par une vraie espérance !
« Moi, je suis le pain de la vie ». Un centre d’interaction humaine rend possible cette évolution de l’humanité en autorisant son approfondissement. C’est le Fils devenu un de nous. Le Fils qui, par le Père, attire les hommes et se déclare nourriture pour la Vie. La Vie en plénitude est à considérer comme la somme des relations avec tous les autres êtres humains ainsi qu’avec le mystère de la Trinité. Prenons alors conscience que nous devenons peu à peu ce que nous mangeons. Nous devenons un membre de ce corps pour la vie, nourriture nous aussi offerte. Nous vivons peu à peu au niveau de cette vie globale. Continuons à écouter le Seigneur !
« Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde ». Jésus à la fin déclare ce qu’est ce pain que nous mangeons et qui nous transforme : c’est « la chair donnée pour la vie du monde ». Manger ce pain, vivre cette lente transformation c’est devenir nous aussi comme Jésus : une « chair donnée pour la vie du monde ». Voilà le terme de chacune de nos vies, entrer dans la Vie en se donnant pour la vie des autres. Laissons cette perspective travailler notre liberté, offrons-nous à cette transformation, pensons à ceux qui ont vécu radicalement cette perspective : nos frères et sœurs les saints. Oui, Amen, Alléluia !
Jean-Luc Fabre compagnon jésuite.
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