Écouter Jésus
Si nous nous coupons de la source qu'est le Christ, nous perdrons le Nord qui nous donne d'essayer d'aimer en plénitude, en abondance. C'est pourquoi il est important d'écouter Jésus, de prêter l'oreille de notre cœur comme pour mieux nous accorder au sien.
Pour cela, nous pouvons faire cette prière du pape François : « Jésus, que mon cœur ressemble au tien. » Ces quelques mots ne prennent pas beaucoup de temps dans notre emploi du temps parfois chargé, mais cette prière nous rapproche de Dieu. Elle manifeste notre souhait de nous faire proches de Dieu, de nous approcher davantage de sa miséricorde pour vivre en plénitude. Aussi, il nous faut prendre du temps pour Le contempler et se laisser rejoindre par un tel amour.
Dieu veut nous guider non pas vers un monde virtuel où nous serions en paix et en pérennité, comme oublieux des contingences terrestres. Les pâturages vers lesquels le Bon Pasteur, Celui qui prend soin de ses brebis, nous conduit sont ceux de nos vies. Ce désir de nous accompagner en ce monde et en ce temps nous appelle à découvrir que tout, en ce monde, est consacré.
Toute vie est vocation
Aussi, notre mission, notre vocation même, est de prendre soin non seulement les uns des autres, mais aussi de notre environnement, dans le sens le plus large possible de ce mot.
Car le monde dans lequel nous vivons est le monde désiré et créé par Dieu, qu'il nous a confié pour que nous en assurions la gouvernance. Nous sommes véritablement des coopérateurs de l'œuvre de Dieu, nous sommes missionnés par Lui pour poursuivre son œuvre en faisant le bien.
Nous avons à bien comprendre cet appel à faire le bien. Ce n'est pas un comportement infantile pour faire plaisir à Dieu, tel un démiurge dont nous devrions éviter la colère. C'est entrer dans la vie même de Dieu, dans cette promesse d'une vie en abondance qui se déploie dans la proximité et la solidarité avec nos frères et sœurs en humanité.
Vivre et montrer la joie de l’Évangile
Dans cette rencontre, dans ce chemin avec nos contemporains, nous sommes invités à montrer la joie qui est la nôtre de prendre la route avec Jésus. C'est dans ce témoignage vivant, concret, qui laisse transparaître que la joie de Dieu est notre rempart, que nous pourrons davantage conduire nos contemporains vers le Père, à la suite du Christ, dans le dynamisme de l'Esprit.
C'est ainsi que nous pourrons devenir véritablement cette Église en sortie, soucieuse de toute l'humanité et en particulier de celle qui souffre par la suffisance de ses dirigeants. C'est au cœur de la mission des baptisés d'être au plus près de ceux dont les conditions de vie bafouent l'humanité. C'est aussi cela annoncer l'Évangile : lutter de toutes nos forces contre cette « mondialisation de l'indifférence » dénoncée par le pape François.
En ces jours où nous faisons mémoire du premier anniversaire de la mort de ce pape, gardons au cœur sa spontanéité, son amour des plus pauvres, sa passion pour l'annonce de la joie de l'Évangile. Son audace, sa liberté, sa dimension prophétique même avaient toujours la même ambition : rapprocher les hommes et les femmes de ce temps de Jésus, qui a donné sa vie pour que nous l'ayons en abondance.
Alors, en ce jour où nous méditons sur l'Évangile du Bon Pasteur, demandons au pape François d'intercéder pour nous. Que sa prière nous aide à être toujours plus attentifs pour discerner, au cœur de ce monde abruti par tant de paroles trompeuses, le souffle de vie qui nous fera devenir chaque jour davantage compagnon de Jésus.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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