Vers un chemin de libération
Ce dimanche nous pouvons entendre une invitation à ne pas entraver le chemin de l'autre, à ne pas l'enfermer dans ses manières de faire, de penser, d'agir. Certes, nous sommes invités à vivre la correction fraternelle, à manifester à l'autre une discrète charité, mais certainement pas à l'enfermer. Sinon, nous le conduisons à une forme de mort. Nous sommes les gardiens de nos frères et sœurs, pas leurs geôliers.
Ainsi, le baptême nous conduit à communier à la vie de Dieu, une vie en abondance, et aussi à œuvrer pour que cette vie porte du fruit chez les autres. Si nous voulons que l'autre grandisse avec Jésus, nous ne devons pas devenir un obstacle, mais lui proposer de cheminer avec nous sur le chemin de vie. Il s'agit bien de proposer, pas d'imposer. Jésus n'a pas dit à Lazare : « Viens avec moi », mais : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Le chemin de libération que nous propose Jésus est aussi un chemin de mission. Libérés de ce qui nous entrave dans le chemin qui nous mène à goûter davantage à l'Amour du Père, nous pourrons vivre cet amour en plein monde.
Pour une plus grande gloire de Dieu
Toutes les paroles de Jésus, toutes ses guérisons, sont là manifestée sa Gloire et pour que nous en vivions au cœur du monde. Mais, lorsque Jésus manifeste Sa Gloire, ce n'est pas celle de l'homme Jésus, afin d'en tirer profit aux yeux de ses disciples. La Gloire de Jésus c’est la Gloire de Dieu, qui agit afin que, par son action, Dieu soit glorifié.
Cette manière de faire de Jésus peut nous inspirer lorsque nous cherchons à servir nos frères et sœurs en humanité. Nous pouvons réfléchir non seulement à ce qui motive notre action, notre désir de servir – et s'il n'y a pas de motifs cachés –, et surtout de quelles manières nos frères et sœurs peuvent rendre gloire à Dieu. Nous pouvons alors nous poser la question : « Est-ce que c'est Dieu que je cherche à servir, ou bien est-ce que je me sers de Dieu pour obtenir gain de cause ? »
Nos motivations sont diverses et sont souvent mélangées, mais nous avons à être attentifs à ce qui est au cœur de notre action. Est-ce que je cherche à être un disciple-missionnaire du Christ ou bien un mercenaire du Christ qui va où le vent le porte ? Toutefois, il faut rester attentif à celui ou celle qui se veut vertueux.
La prière : cœur de l’action
En fait, toutes nos actions sont mêlées tels l'ivraie et le bon grain. Il est donc important de nous en remettre le plus souvent possible à la miséricorde du Père et de puiser sa force et son amour dans la prière. Elle est le carburant de notre action et en même temps l'oasis de notre vie.
Prendre ce temps de rencontre et ainsi remettre notre vie devant le Seigneur est essentiel pour vivre la vie de Dieu en plénitude. Dieu abreuvera alors notre cœur de sa source de vie pour que nous repartions sur les routes humaines renouvelés par son Amour.
Ne négligeons pas ce temps de cœur à cœur. Dieu nous propose de reprendre souffle avec Lui pour nous renouveler. Demandons donc la grâce de pouvoir approfondir notre prière pour entendre et écouter la voix de Dieu qui nous invite à sortir à la rencontre de nos frères et sœurs en humanité. Là aussi, Dieu nous attend pour abreuver ce monde de sa source de vie, d'amour et de paix.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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