« Je vais ouvrir vos tombeaux ! » Ézékiel pense à la dispersion du peuple juif au moment de l’invasion par les Perses. Le tombeau, c’est leur vie de servitude. Ils sont privés du Temple, leur coeur. Comme si on vous privait de Maman. Quels sont nos tombeaux aujourd’hui, ici ? Le monde environnant malade de la haine ? La parole simple et vraie qui a fané ? Le courage du dialogue entre nous qui s’éteint ? … Nous pouvons les nommer et les présenter au Seigneur. Pour Jésus, celui qu’il appelle à sortir du tombeau, c’est un ami. Lazare. Il a un nom. Les 2 dimanches précédents, c’était « la Samaritaine » et « l’aveugle-né ». Ils n’avaient pas de nom. Là, c’est « Lazare ». Chaque fois, c’est d’une certaine manière toute notre humanité que Jésus visite et fait revenir à la vie. La Samaritaine, c’est nous, humanité en mal d’aimer et solitaire. L’aveugle-né, c’est nous, humanité en mal de voir tant qu’elle n’a pas cru au « Fils de l’homme ».
Lazare veut dire : « Dieu a secouru ». Lazare, c’est nous, aimés du Christ, aimé du Père, qui reste mort tant qu’il n’est pas entouré de croyants qui vivent leur foi. « JE SUIS la résurrection. Marthe, crois-tu cela ? » La résurrection de Lazare, c’est Dieu qui nous appelle à vraiment aller vers nous-mêmes, et – c’est inséparable – à devenir pour le prochain des croyants. Ézékiel le dit à sa manière : « Je mettrai en vous mon esprit ». L’esprit de Dieu, le souffle créateur de Jésus, ne se fraye un chemin que s’il trouve en nous une vraie foi en l’Amour.
Si nous lui offrons une terre anémiée par la peur et la haine, résignée, il ne se passera rien. Si nous nous accrochons en nos amis à des images-souvenirs regrettées, le souffle ne passera pas. « Déliez-le et laissez-le aller » : laissez-le passer à une vie nouvelle. Le carême et Pâques sont un appel de Dieu à faire en nous le passage à la FOI. « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ».
Olivier de Framond compagnon jésuite
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