Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Jn 9, 1-41 l’aveugle-né aujourd’hui nous le sommes tous

Publié par Olivier de Framond compagnon jésuite sur 14 Mars 2026, 10:06am

En ce temps-là, en sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler. Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait. Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant – car il était mendiant – dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? » Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui disait : « C’est bien moi. » Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » Il répondit : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit : ‘Va à Siloé et lave-toi.’ J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. » Ils lui dirent : « Et lui, où est-il ? » Il répondit : « Je ne sais pas. » On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle. Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. » Parmi les pharisiens, certains disaient : « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » D’autres disaient : « Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés. Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. » Or, les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme avait été aveugle et que maintenant il pouvait voir. C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents et leur demandèrent : « Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu’il est né aveugle ? Comment se fait-il qu’à présent il voie ? » Les parents répondirent : « Nous savons bien que c’est notre fils, et qu’il est né aveugle. Mais comment peut-il voir maintenant, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. » Ses parents parlaient ainsi parce qu’ils avaient peur des Juifs. En effet, ceux-ci s’étaient déjà mis d’accord pour exclure de leurs assemblées tous ceux qui déclareraient publiquement que Jésus est le Christ. Voilà pourquoi les parents avaient dit : « Il est assez grand, interrogez-le ! » Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. » Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n’en sais rien. Mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et à présent je vois. » Ils lui dirent alors : « Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? » Il leur répondit : « Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ? Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? » Ils se mirent à l’injurier : « C’est toi qui es son disciple ; nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est. » L’homme leur répondit : « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux. Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce. Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Ils répliquèrent : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors. Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » Il dit : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui. Jésus dit alors : « Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. » Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : « Serions-nous aveugles, nous aussi ? » Jésus leur répondit : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : ‘Nous voyons !’, votre péché demeure. »

Dieu regarde le cœur, et nous les apparences

Dieu regarde le cœur, et nous les apparences

Les hommes regardent les apparences. Dieu, le cœur. C’est fort, et je l’oublie tout le temps. Ce que Dieu choisit, c’est chacune, chacun de nous, qui a reçu ou recevra l’onction au baptême. Même Nolwenn (catéchumène qui sera baptisée à Pâques) sera notre reine. Même vous. Même moi. Ça peut effrayer. Pourtant c’est vers cela que nous mène Pâque. Notre seule arme pour tenir est notre foi. « Tu es avec moi, ton bâton me guide et me rassure ». La lumière, c’est vous, redit Paul. Nous, illuminés par le Christ. Ce aveugle-né sympathique et courageux nous le témoigne.

Nous avançons vers Pâques et retrouvons la délicatesse du Christ envers notre humanité. Humanité en mal d’aimer, c’est la Samaritaine à qui il fait découvrir une eau vive. Humanité en quête de jour, c’est notre aveugle. En venant porter la consolation, à elle, à lui, à nous, il révèle le mal qui nous divise : nos endurcissements. Notre humanité est un mélange de « pauvres » qui ont soif de vie, et de « suffisants » qui pensent avoir la vérité et bien voir. Nous pouvons penser avoir choisi la vie, sans voir que nous n’avons choisi que ce qui nous arrange, la Loi, les habitudes, la certitude d’être dans le bon. Jésus le révèle, et il consent à ce que la tension monte, jusqu’à la Croix. Pour que nous choisissions la Vie.

Jésus révèle que notre création n’est accomplie que lorsque nous parvenons à la foi au « Fils de l’Homme ». Le Fils de l’Homme, c’est la ressemblance de Dieu, ce à quoi nous sommes appelés. Il boit l’eau vive. Il voit comme Dieu voit. Je ne suis créé et ne vois que quand m’est donné de soupirer : « Je crois, Seigneur ». Ce qui s’oppose à la suffisance, c’est la foi. La foi au Christ, à l’Homme en Lui, à Dieu en Lui. Les pauvres, les tout-petits, Jésus leur donne de naître. Ils voient, car ils croient. Croire me dépouille de tous les oripeaux que je peux me mettre pour jouer aux grands ou quand j’ai peur des grands. Jésus, je sens en moi un mélange d’athée et de croyant, de pauvre et de suffisant, ou de croyant pas encore advenu à la foi… Rabbouni, que je voie, que je croie ! Rendons grâce au Fils de l’Homme !

Olivier de Framond compagnon jésuite

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Articles récents