Aussi, laissons-nous interroger sur notre lien avec le Seigneur. Avons-nous suffisamment confiance dans le Seigneur pour qu'il nous aide à faire, avec Lui, toutes choses nouvelles ? Voulons-nous prendre la barque avec Jésus et le laisser laver nos yeux pour voir la lumière du monde ?
Oser choisir le Christ c'est prendre le risque de devoir changer nos façons de penser. Nous aurons à cultiver l'espérance, la confiance et l'audace évangélique. Ainsi, nous aurons à nous faire confiance, comme Dieu nous fait confiance. Il dépasse tout ce que nous pouvons penser de Lui comme des autres.
Comme nous le lisons dans la première lecture : « Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l'apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » C'est bien ce lieu-là, le siège de nos sentiments, de tout ce qui nous anime, que nous avons à faire grandir. Si ce cœur cherche à s'approcher avec sagesse de la bonté, de la grandeur, de la proximité du cœur du Christ, alors nous marchons vers la splendeur de l'Amour de Dieu.
Avec le souffle de l’Esprit
Ainsi, nous vivrons du souffle de l'Esprit qui nous invite à chasser toutes les cécités qui nous habitent et nous rendent aveugles.
C'est la lumière de l'Amour de Dieu que nous sommes appelés à faire resplendir par notre témoignage et notre proximité à nos contemporains. Elle nous invite toujours davantage à la conversion, à une croissance humaine et spirituelle qui nous pousse à risquer une parole, une attitude qui nous fait devenir un compagnon de Jésus, compagnon de cette humanité en marche dans la foi et l'espérance.
Il s'agit là de lutter contre tout ce qui nous sclérose, nous entrave, cette arthrose spirituelle qui rend le cœur lent à croire. Mais, nous le savons, c'est un long chemin qui s'ouvre à nous. Car il faut du temps pour que notre cœur se dilate, s'harmonise avec le souffle de l'Esprit et avoir du courage pour quitter le connu pour l'inconnu.
Pourtant, le Chrétien est cette personne qui marche dans les déserts du monde pour proposer l'oasis de la source de l'Amour. Nous ne devons pas être seuls sur le chemin, car un chrétien seul est un chrétien en danger. D'ailleurs, Jésus envoyait ses disciples deux par deux pour pouvoir se soutenir et s'encourager, voire se laisser interroger dans leurs certitudes, parfois fausses.
Aussi, il est important de se laisser interpeler par les rencontres du chemin ; elles nous révèlent ces « signes des temps » auxquels nous devons être attentifs. Ces lumières d'en haut viennent éclairer notre chemin de foi et d'humanité et nous provoquent dans notre marche à la suite du Christ. Jésus lui-même s'est laissé interpeler, provoquer par des rencontres. Souvenons-nous notamment de la Samaritaine la semaine dernière. Ces rencontres ont fait grandir sa foi, sa confiance en l'Amour de Dieu qui vient nous sauver de nos étroitesses d'esprit.
La grâce d’être guéris de tout ce qui nous aveugle
Alors, en ce 4e dimanche de Carême, demandons la grâce – pour nous et tous nos frères et sœurs en humanité –, de nous laisser bousculer par les rencontres. Puissent-elles être pour nous et notre monde une manière d'être guéris de tout ce qui nous aveugle. Ainsi, nous pourrons porter au monde la joie de l'Amour de Dieu.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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