Jardinier de Dieu

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Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Jn 4, 43-54 faire confiance à la Parole pour entrer dans la vraie Vie

Publié par Jean-Luc Fabre compagnon jésuite sur 16 Mars 2026, 08:28am

En ce temps-là, après avoir passé deux jours chez les Samaritains, Jésus partit de là pour la Galilée. – Lui-même avait témoigné qu’un prophète n’est pas considéré dans son propre pays. Il arriva donc en Galilée ; les Galiléens lui firent bon accueil, car ils avaient vu tout ce qu’il avait fait à Jérusalem pendant la fête de la Pâque, puisqu’ils étaient allés eux aussi à cette fête. Ainsi donc Jésus revint à Cana de Galilée, où il avait changé l’eau en vin. Or, il y avait un fonctionnaire royal, dont le fils était malade à Capharnaüm. Ayant appris que Jésus arrivait de Judée en Galilée, il alla le trouver ; il lui demandait de descendre à Capharnaüm pour guérir son fils qui était mourant. Jésus lui dit : « Si vous ne voyez pas de signes et de prodiges, vous ne croirez donc pas ! » Le fonctionnaire royal lui dit : « Seigneur, descends, avant que mon enfant ne meure ! » Jésus lui répond : « Va, ton fils est vivant. » L’homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et il partit. Pendant qu’il descendait, ses serviteurs arrivèrent à sa rencontre et lui dirent que son enfant était vivant. Il voulut savoir à quelle heure il s’était trouvé mieux. Ils lui dirent : « C’est hier, à la septième heure (au début de l’après- midi), que la fièvre l’a quitté. » Le père se rendit compte que c’était justement l’heure où Jésus lui avait dit : « Ton fils est vivant. » Alors il crut, lui, ainsi que tous les gens de sa maison. Tel fut le second signe que Jésus accomplit lorsqu’il revint de Judée en Galilée.

Les sacrements chrétiens sont basés sur la confiance envers la Parole aussi bien celle en Dieu que celle en l’homme, ils lui donnent chair.

Les sacrements chrétiens sont basés sur la confiance envers la Parole aussi bien celle en Dieu que celle en l’homme, ils lui donnent chair.

« Si vous ne voyez pas de signes et de prodiges, vous ne croirez donc pas ! » Nous ne comprenons pas tout à fait ce que dit Jésus à ce moment. Mais Jésus caractérise, là, notre enjeu fondamental de vie. Ne pas prendre appui sur ce que nous éprouvons comme certitude extérieure mais oser se risquer. Une attitude envers le signe nous ouvre, c’est le signe comme sortie de soi, l’autre nous enferme, le signe comme preuve de l’existant. Savoir entrer dans la Parole ce qui nous paraît toujours risqué mais se révèle source de vie.

Jésus lui répond : « Va, ton fils est vivant. » alors Jésus relance encore une fois la dynamique nouvelle, celle qui le fait vivre Lui, celle qui nous est a priori étrangère. Il parle vraiment et attend de l’autre de vivre à partir de cette parole. Le fait est que cette parole sera reçue par le fonctionnaire. Elle produira son fruit. Il se décolle et retourne chez lui. Il initie, il entre ainsi dans la nouvelle vie.

Alors il crut, lui, ainsi que tous les gens de sa maison. La parole reçue et mise en œuvre, un tant soit peu, produit son fruit. Et ce fruit entraine les autres, les proches. Un nouvel univers se dresse, celui qui se construit par la parole dite, échangée, reçue. L’humanité véritable se construit là-dessus, depuis la parole qui s’échange entre un homme et une femme jusqu’à la parole qui peut entrainer des peuples à envisager de tisser un avenir commun.

Chaque carême nous sommes appelés à redécouvrir cette promesse de vie, cette parole qui fait vivre. Elle est avec nous depuis le commencement. Année après année ce travail liturgique nous donne d’entrer et d’aider les autres à entrer dans la Parole créatrice, celle du Père qui nous donne d’initier à notre tour et de pouvoir retourner à Lui. A la suite du Fils devenons enfants du Père, sachons quitter nos certitudes pour tisser nos vies à partir de sa Parole.

Jean-Luc Fabre compagnon jésuite

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