Cela peut nous aider dans notre chemin de Carême pour nous laisser entraîner, dans la liberté, à sa suite. Interrogeons-nous non seulement sur notre liberté pour suivre le Christ mais aussi sur notre manière de le suivre. Qui sont nos compagnons, compagnonnes de route ? Comment devenons-nous davantage ces vivants dotés du souffle de vie de la part de Dieu ?
Ces questions ne sont pas à prendre une à une. Mais elles peuvent nous aider à grandir dans la liberté des enfants de Dieu pour marcher davantage à la suite du Christ. Parce que l'essentiel est là, dans ce compagnonnage quotidien avec le Fils de Dieu.
Le but du Carême
Le Carême est donc une occasion adaptée pour revenir au Seigneur de tout notre cœur en reconnaissant que nous avons besoin de son amour, de sa grâce, de sa miséricorde. Ce besoin n'est pas là pour satisfaire Dieu, mais pour nous nourrir, nous faire grandir dans l'amitié en nous mais aussi avec le Seigneur. C'est en nous recevant de Lui, en l'accueillant au cœur de nos jours, de ce que nous sommes, malgré fatigues et contradictions, que nous pourrons bâtir le Royaume et sa Justice.
Nos péchés et l’Amour de Dieu
Reconnaître ces « fatigues et contradictions » ne doit pas être une lourdeur, un fardeau. C'est avec elles que nous avançons en liberté. Les disciples de Jésus n'étaient pas des hommes sans aspérités, sans contradictions. Pourtant, ils ont bien été choisis pour suivre le Christ, pour devenir pêcheurs d'hommes. Ce qui compte bien davantage que nos « péchés », c'est de nous reconnaître aimés et pardonnés par le Seigneur.
Nous cheminons tous vers une conversion que nous désirons ; pour autant, nous avons conscience que la route est longue et ardue. Aussi, ne rajoutons pas à ce chemin les lourdeurs d'une culpabilité malsaine. Souvenons-nous de cet adage : « Dieu aime le pécheur mais déteste le péché ». Il nous dit la passion de Dieu pour l'Homme et son désintérêt pour les raisons qui l'éloignent de l'Amour.
Le Carême peut aussi être une invitation à entendre de nouveau ce « Viens et suis-moi » qui nous invite à tout laisser pour se faire le proche du Christ. Laissons nos bonnes excuses et nos péchés (souvent synonymes) pour accueillir le Christ qui veut se faire proche de chacun et chacune d'entre nous. Sachons véritablement accueillir, dans la liberté qui nous fait devenir enfants d'un même Père, l'Amour de Dieu qui vient à nous.
Aussi, ne soyons pas ces « chrétiens qui semblent avoir un air de Carême sans Pâques » comme le disait le pape François au début d'Evangelii Gaudium (n° 6). Nous pourrions prendre cette résolution, et demander la grâce de nous y tenir, pour le Carême. Laissons la joie de Dieu habiter notre cœur, laissons l'Esprit de Dieu, qui nous donne vie, nous conduire vers la plénitude de la joie. Cette joie dans laquelle nous avons été plongés lors de notre baptême et qui nous invite à la liberté et à la vérité. Demandons donc la grâce, en ce début du Carême, de marcher avec la Joie du Christ vers Pâques. Ainsi, dans chaque rencontre avec nos frères et sœurs en humanité, puissions-nous témoigner de la joie de l'Évangile qui est pour tous.
Pierre Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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