Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Mt 3, 1-12 qu’advienne enfin la vraie nouveauté en notre vie !

Publié par Jean-Luc Fabre compagnon jésuite sur 7 Décembre 2025, 05:55am

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage. Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc un fruit digne de la conversion. N’allez pas dire en vous-mêmes : ‘Nous avons Abraham pour père’ ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

« L’homme est un animal enfermé – à l’extérieur de sa cage. Il s’agite hors de soi. » Paul Valéry

« L’homme est un animal enfermé – à l’extérieur de sa cage. Il s’agite hors de soi. » Paul Valéry

Dans ce passage de l’Evangile, il y a trois bonnes nouvelles à recevoir pour entrer, maintenant, plus profondément dans le cheminement de l’Avent, en cette fin du jubilé de l’Espérance.

En premier lieu, la bonne nouvelle de l’existence d’un désir en chacun de nous, inscrit au plus profond de notre être, qui nous travaille, depuis toujours. Il trouve une expression chez Isaïe «Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.» Il sera repris par Jean Baptiste à sa manière puis par Jésus. Et il résonne aujourd’hui en chacun de nous. Pour rencontrer le seigneur, il y a à aller à Lui. Les différentes expressions de cette quête, celle d’Isaïe, celle de Jean-Baptiste, celle de Jésus, entrainent à chaque fois d’autres personnes et leur donnent, par-là, de découvrir et d’éprouver ce désir en eux. Prenons conscience, à notre tour, de ce désir en nous. Une offre de toujours à toujours, éternel, mais qui risque de demeurer lettre morte, rêve évanesçant… sauf si un événement a lieu. Et cet événement vient à nous !

En deuxième lieu, c’est la bonne nouvelle d’une urgence qui s’approche, aujourd’hui, de nous : « le royaume des Cieux est tout proche ». Alors, en ce temps d’Avent, prenons le temps d’entendre cette proximité qui s’approche, qui devient tout proche. Percevons, après Isaïe et les autres prophètes, le nouvel essai que tente Jean Baptiste de tout lui-même avant la vraie nouveauté, celle de « celui qui vient derrière moi » : Jésus. Mais, prenons conscience que cette urgence comporte intrinsèquement un appel à notre liberté. Un mouvement intérieur à notre liberté est requis qui demande de se risquer soi-même. « Produisez donc un fruit digne de la conversion ». C’est, pour chacun de nous, un mouvement à vivre aujourd’hui.

En troisième lieu, la bonne nouvelle de la venue humaine du Fils en Jésus de Nazareth, de l’échange et de la rencontre avec lui qui s’offre à nous : notre transformation personnelle pourra s’opérer. Jean Baptiste la vivra et il sera déplacé. Jésus ne sera plus, pour lui, celui qui « tient dans sa main la pelle à vanner, qui va nettoyer son aire à battre le blé, et qui amassera son grain dans le grenier ; qui brûlera la paille au feu qui ne s’éteint pas. » Il sera celui qui lui demandera humblement le baptême au Jourdain et celui qui transformera, par là, son cœur. Il y aura bien d’autres personnes à vivre cette transformation après lui : Pierre, Jean, Jacques, Madeleine, Paul… Et c’est encore vrai pour chacun de nous, aujourd’hui. Sachons sortir de notre enfermement, allons à Lui, avec le meilleur de nous-mêmes… se risquer, cela veut dire, pour chacun de nous d’aller vers l’intérieur de lui-même !

Recevoir : qu’est-ce que cela nous demande  ? d’être actif, ouvert, en mouvement. Je ne puis être seulement passif, je dois me mettre en chemin comme celui qui vient pour pouvoir le rencontrer et que nous puissions devenir amis. Alors, à ce moment de l’Avent, sachons continuer notre marche, avec le meilleur de nous-même.

Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Articles récents