Ce deuxième dimanche de l’Avent que nous célébrons nous place devant l’urgence de la conversion. La figure centrale de l’Évangile de ce dimanche est Jean-Baptiste. Nous connaissons bien la radicalité du cousin de Jésus. Ainsi, nous pouvons comprendre l’importance de préparer nos cœurs à la venue du Fils de Dieu. Dieu vient à notre rencontre, et il faut nous tenir prêts et disponibles. C’est le présupposé que tout chrétien doit avoir à l’esprit alors qu’il se prépare à Noël.
Comment ne pas être d’accord avec cela ? Mais comme il est difficile de se laisser envahir par l’Amour de Dieu alors que la vie continue avec son lot de contrariétés !
Rechercher ce qui fait sens
Cherchons vraiment ce qui importe en nous appuyant sur cette seconde lecture. C’est au nom du Christ, par Son nom et pour Sa Gloire que nous agissons. Il nous accueille par amour, par fidélité, pour que nous nous laissions entraîner à notre tour dans ce mouvement.
Aussi, laissons-nous entraîner par Son appel à devenir les serviteurs les uns des autres, à la suite de Jésus Lui-même. C’est là aussi une voie pour entrer davantage dans la conversion. Il s’agit de reconnaître les autres avec dignité, considération et respect, et de chercher une manière concrète d’être ce visage du Christ que j’aimerais découvrir au quotidien. Il faut donc lutter contre les tentations de désir de mettre la main sur l’autre, de se croire supérieur aux autres.
La première lecture nous entraîne dans ce mouvement de réconciliation et de paix. Nous savons bien que ce « rejeton qui jaillit de la racine de la souche de Jessé » n’est autre que Jésus. Pourtant, Il n’a jamais cessé d’être avec les femmes et les hommes de ce temps, cherchant à les amener à la paix en leur manifestant amour, temps et compréhension.
Et si nous échouons ?
Pourquoi Jean-Baptiste laisse-t-il planer comme une menace quant à notre sort si nous ne nous convertissons pas ? Cela nous semble bien loin de la miséricorde dont nous parle Paul dans la seconde lecture. Peut-être, en fait, que cette miséricorde, ce salut qu’Il vient apporter, n’est pas une récompense parce que nous sommes bien sages. Dieu ne semble pas être dans ce rapport avec nous. Notre prière ne sera pas exaucée parce que nous avons donné la dîme et fait des choses. Il n’est pas le Père Noël qui donne des cadeaux aux gentils et du charbon aux méchants. Dieu n’est pas en commerce avec nous.
Toutefois, même si Dieu donne Son Salut à chacun, nous sommes libres de l’accueillir ou non. Ainsi, si les Écritures nous donnent à voir un Dieu qui trie, c’est plus par défaut que cela est effectué. Dieu nous laisse pleinement libres de L’accueillir ou non, et c’est cela qui a du prix.
Ainsi, nous ne devons pas rechercher la conversion pour la conversion, mais parce que nous avons l’intime conviction qu’elle nous rapprochera de l’Amour de Dieu dont le monde a tant besoin. Nous n’avons jamais fini de comprendre la beauté de l’Amour de Dieu et combien Il peut transformer notre cœur pour transformer le cœur des hommes.
Ce temps de l’Avent que nous vivons nous invite à entrer, jour après jour, dans cette découverte. Nous pouvons demander à Dieu de nous donner la grâce de la patience pour ne pas nous désoler quant à notre lente conversion. Mais nous pouvons aussi entrer dans la louange et l’action de grâce devant le patient amour de Dieu.
Alors, comme le dit la prière d’ouverture de ce dimanche, que le souci de nos tâches présentes n’entrave pas notre marche à la rencontre de Ton Fils, et qu’en nous soit éveillée l’intelligence du cœur qui nous prépare à accueillir le Fils et nous fait entrer dans Sa propre vie.
Pierre-Baptiste Cordier-Simonneau
membre de la société de vie évangélique du Cœur de Jésus
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