Après le départ des mages, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils. Après la mort d’Hérode, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et pars pour le pays d’Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. » Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, et il entra dans le pays d’Israël. Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s’y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth, pour que soit accomplie la parole dite par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen.
Évangile étonnant. Pour être une sainte famille, faut-il être ballottés ainsi dès le début ? Noël est une lueur d'espérance qui perce dans un monde de nuit, à l'inverse de l'esprit du monde. Le « monde » qu’évoque St Jean et qui semble nous mener n’est pas celui que nous aimerions. Il nous arrache des cris, entre haine et repli. A Noël Dieu vient inverser en nous la logique. Accueillir l'Esprit de Dieu, qui ne donne qu'amour, est possible ! Il faut parfois fuir, revenir, se lever, se relever. La Sainte famille de Noël allume notre mèche d'espérance dans nos marigots ou océans d’obscurité. Enfant-Dieu, tu viens réveiller ma lanterne. Tu viens m’éveiller à ta soif. Tu viens ouvrir le chemin trop méconnu du cœur de Dieu. L’esprit du monde vole des enfants ukrainiens pour les déraciner. Il tarit le ruisseau de l’amour que peuvent guetter des jeunes enfants en certains divorces haineux. L’esprit du monde recouvre Dieu et ses anges. Semer la violence, la peur, emprisonner la parole ou la foi, semble plus facile. La sainte famille a choisi l’Esprit de Dieu, l’Amour. Sauras-tu naître en moi, Jésus, trouver un bout de terre en nous pour grandir et semer ?
Sainte famille, tu viens ouvrir une brèche dans nos cœurs de pierre, que nous naissions enfin ! Noël éveille au murmure de fin silence comme Élie au mont Horeb : une voix intérieure frappe à la porte, pour demeurer chez nous. Une famille sainte a l'oreille du cœur ; elle entend la parole de l'ange pour conduire sa route. C’est une maman fécondée par l’Esprit, un papa adoptif qui accompagne les pas du pitchoune, un enfant-Dieu que des parents ne gardent pas pour eux mais qu’ils laissent se donner à tous. Quelle merveille fait pour nous le Seigneur !
Marie est-elle cette femme soumise à son époux comme St Paul y invite ? Mais être soumis veut peut-être dire aider l'autre à grandir, et donc ici le cher mari, à cheminer selon l'Esprit. Paul ajoute ceci : « hommes, aimez vos femmes ». Pas sûr que j'y serai arrivé si j'avais eu une épouse. Une famille sainte commence sans doute là : un homme aime sa femme, une femme choisit de vivre de l'Esprit, des enfants sont accompagnés pour se donner plus tard jusque dans des nuits où peut-être ils en feront naître quelques-uns !
Olivier de Framond compagnon jésuite
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