Nous célébrons ce dimanche la Sainte Famille. Nous avons peut-être une vision idéaliste de la Sainte Famille. Jésus, Marie et l'Enfant Jésus blotti dans la crèche, avec le bœuf et l'âne. Cette image - un peu immuable - nous est apportée par les crèches de nos églises et de nos maisons.
Nous et la Sainte-Famille
Mais, en fait, la Sainte Famille fut très tôt bousculée, forcée à bouger pour fuir la violence et la soif de pouvoir. Nous pouvons - sans trop de mal - imaginer l'angoisse qui habitait Marie et Joseph. Devoir fuir avec un nouveau-né, quelle violence ! Aujourd'hui encore, des hommes, des femmes, des enfants sont contraints de fuir leur pays. La violence, l'aveuglement, la soif de pouvoir de dirigeants de ce monde sont toujours et encore là.
Pourtant, à Noël, nous avons proclamé Jésus comme le Prince de la Paix. Alors, pourquoi encore tant de haine, tant de déchirures dans le cœur des hommes et des femmes de ce temps ? Ne rejetons pas trop rapidement la faute sur les responsables de ce monde. Nous sommes - malheureusement - nous aussi habités de violences intérieures. Reconnaissons-les et portons-les devant Dieu lorsque nous prions, célébrons l'Eucharistie.
Nous pouvons aussi nous appuyer sur Marie et Joseph en contemplant les scènes d'Évangile où ils ont dû fuir. Ils sauront porter devant le Père nos détresses et autres violences intérieures. Avec eux, nous pouvons aussi traverser les ténèbres, les nuits qui nous habitent et habitent le monde pour partir vers une terre promise. Elle peut être un lieu physique, comme l'Égypte, pour la Sainte Famille, mais aussi des personnes vers lesquelles nous pouvons nous tourner et trouver une main secourable. Nous pouvons aussi être pour les autres une terre d'exil pour retrouver souffle et espérance.
Dieu nous parle aussi
Comme Joseph, nous pouvons être attentifs aux songes qui émergent de notre sommeil. Nous le savons, Dieu nous parle au cœur du monde, au cœur de nos activités, mais aussi dans notre sommeil. C'est un lieu où nous sommes moins résistants, sans doute, et par conséquent, plus perméables à l'Esprit.
Bien sûr, comme toutes choses, il faut apprendre à discerner, à comprendre la voix de l'Esprit qui murmure à notre cœur. Mais, pour autant, être attentifs à la voix de l'Esprit peut nous conduire vers la Joie de Dieu. Cette joie est pour nous mais afin que nous nous mettions au service de l'ensemble. Comme Jésus qui est la Joie du Père pour ceux qui le rencontrent. Ainsi, nous pourrons construire un monde plus juste et plus fraternel.
Nous pouvons suivre les conseils que nous prodigue Paul dans la seconde lecture. C'est un véritable mode d'emploi pour vivre ensemble dans la joie du Père. Ce modèle de vie est sans doute un idéal vers lequel nous devons tendre. C'est peut-être aussi la manière dont Jésus a été élevé par Marie et Joseph, ces amis de Dieu. Mais, nous savons que les tribulations de la vie ne sont pas une occasion favorable pour rester ancrés dans le Seigneur. Pourtant, c'est Lui notre rocher, sur Lui nous pouvons nous appuyer sans risquer la désolation.
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