En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Veillez, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. Que dire du serviteur fidèle et sensé à qui le maître a confié la charge des gens de sa maison, pour leur donner la nourriture en temps voulu ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! Amen, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens. Mais si ce mauvais serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde”, et s’il se met à frapper ses compagnons, s’il mange et boit avec les ivrognes, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des hypocrites ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »
Ouvrir son cœur à celui de Dieu, Augustin inspiré par la méditation des Ecritures (merci à l’auteur de la photo)
Il est des proches ou des amis qui sont de vrais cadeaux du Seigneur, des perles qui nous tiennent en éveil. Ces perles peuvent être parties, elles continuent leur œuvre : nous voici à « veiller ». C’est ce que vivent Paul et son équipe avec les Thessaloniciens. « Grâce à vous, nous revivons, puisque vous tenez bon dans le Seigneur » ! Qui est ce « nous » qui revit ? On ne le sait pas, mais la perle rejaillit sur plus d’un. L’aide à veiller qu’elle offre à l’un fait tâche d’huile pour d’autres qui deviennent communauté de veilleurs. C’est vrai, voir par exemple un visiteur qui montre sa joie à aller revoir une ancienne connaissance, en EHPAD suite à un mauvais AVC, et d’autres touchés par la maladie, ça me tient en éveil : grâce à lui, je reconnais le Désir de Dieu à l’œuvre, je reconnais « le Maître » que j’oubliais, mon Créateur qui appelle à aimer, à s’ouvrir à son Cœur. Ce maître, Dieu, l’Ami qui a soif, le Pauvre, oui, j’ai vite fait de l’oublier. Alors, sans Lui, c’est « bloquons tout ! ». Mais heureux ceux qu’un tel maître trouvera en train de veiller, activé à « tout débloquer », et pas seulement le « 10 septembre », chaque jour, pour construire une Maison d’entraide, d’attentions mutuelles !
Il l’établira sur tous ses biens. Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ? Si j’ai envie d’un repos qui est pouvoir vaquer à mes petites détentes, c’est une mauvaise nouvelle, car me voici comme rappelé à l’ordre ! Cela m’arrive, tiraillé avec l’envie de l’entendre comme une bonne nouvelle, quand le repos est de demeurer disposé à la Joie du Maître et de son projet pour tous. Le psaume le dit à sa manière : « que vienne sur nous la douceur du Seigneur ». La douceur, le repos, c’est quand notre volonté va dans le même sens que celle de l’Ami, pour aller de l’avant. Si je bois avec les ivrognes et frappe mes compagnons, par des coups ou par une manière de vivre qui n’aide pas à veiller, la volonté du maître me sera tout sauf douce. Saint Augustin a tardé à trouver le chemin du Veilleur, mais le Seigneur le lui a donné. Il a appris « la vraie mesure de nos jours », comme dit le psaume, le temps de Dieu au cœur du temps des hommes. Rendons grâce pour le Maître qui appelle à veiller.
Olivier de Framond compagnon jésuite
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