Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient. Jésus dit une parabole aux invités lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places, et il leur dit : « Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi. Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : ‘Cède-lui ta place’ ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : ‘Mon ami, avance plus haut’, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi. En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. » Jésus disait aussi à celui qui l’avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi te rendraient l’invitation et ce serait pour toi un don en retour. Au contraire, quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »
Ouvrir son cœur à celui de Dieu, Augustin inspiré par la méditation des Ecritures (merci à l’auteur de la photo)
Il y a beaucoup de repas dans la Bible. L’évangéliste évoque un repas particulier. On est dans la maison d’un chef de pharisiens. Jésus apparaît comme celui qui détonne, puisque les invités sont là à l’observer. Est-ce par adulation pour lui ? Ou par méfiance hautaine ? Ou un mélange des deux ? Une autre observation entraîne Jésus à leur adresser une parabole : ils vont spontanément aux premières places – près de l’invitant, j’imagine –. Il leur parle d’un repas de noces. Cela m’a titillé : pourquoi un repas de noces ? Dans les quatre évangiles, les noces sont d’abord celles de l’Époux, les siennes, reconnues dans la Passion-Résurrection qu’il va éprouver.
Les invités qui finiront à la dernière place désignent peut-être sans le dire ceux-là mêmes qui ont cherché les premières places et se retrouveront loin de l’Époux et de son Église ! Et l’Épouse, la nouvelle Église, ne sera pas celle des premiers invités. Eux vont bientôt provoquer les « noces » de l’Époux en le livrant aux pouvoirs aveugles du Mauvais. L’Église sera cette foule de pauvres, d’estropiés, de boiteux, d’aveugles, ces sans-pouvoir ramenés des chemins. L’Église du Christ ne peut être que celle de qui fait l’expérience du don gratuit de Dieu et y demeure. L’Épouse ne l’est que par la grâce de Dieu. Si je n’invite que mes collègues, je passe à côté de l’expérience d’être vivant par le Don gracieux de Dieu pour moi et ses pauvres. Alors je ne peux être disciple du Christ. Si je reste dans des logiques humaines de suffisance, recherchant à être bien considéré, bien vu par l’entourage. je ne connaîtrai jamais la joie des noces de notre Seigneur et Créateur où il m’invite. La logique de Dieu, voilà ce qui fait sortir de la mort. Elle fait sortir de l’humiliation de la honte. Car elle accueille le Christ, qui s’est fait lui-même pauvre, estropié, boiteux, aveugle, à sa Passion, à cause de nous.
Les invités du repas, bien plus que seulement « les autres », pharisiens juifs, ce sont nous tous, chrétiens ou non, moi quand je méprise la logique de Dieu. « Plus tu es grand, plus il faut t’abaisser », dit Ben Sira. Dieu, le Très-Haut, s’est abaissé le premier et a aimé cette terre. Découvrons-le qui est caché, au coeur du monde comme un feu !
Olivier de Framond compagnon jésuite
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