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Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


3ème dimanche de carême : Et si nous entrions dans une conversion ? …

Publié par Père Olivier de Framond sur 22 Mars 2019, 20:04pm

Catégories : #2017_framond

Le figuier est l’Arbre des Ecritures, de la Parole de Dieu. Les figues ne viennent pas ? Ça peut venir de l’arbre, trop vieux, malade, foutu, mais je ne crois pas que l’évangéliste y ait pensé. Ça vient d’une terre pas prête à recevoir la Parole. Et si on bêche, si on fume la terre, peut-être des figues sortiront. Ça veut dire que la vie, la vie de Dieu, la vie tout court, jaillira davantage dans une bonne terre et qu’une bonne terre est une terre qui entre en conversion, plutôt que de rester dans un cœur et un corps fermés. Et nous sommes la terre de Dieu. C’est le message de ce dimanche de carême, il semble. Dans un environnement aimable, c’est plus facile d’être réceptif. Quand autour de soi le monde est sec, qu’il ne trouve plus comme langage que la violence, alors notre terre peut se fermer.

Une postière me disait vendredi : « la radio a dit que plein de dauphins ont échoué sur les rives », et elle ajoutait : « on dirait que les hommes font tout pour disparaître ». Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même façon. Se convertir, c’est sortir d’un regard seulement coupable, centré sur soi. Perdu dans un tel regard, il ne viendra aucune figue, même en étant un bon chrétien. Entrer dans un mouvement de conversion tourne le regard vers la vie, vers la relation au Dieu d’Abraham, d’Isaac et Jacob, au Dieu du Fils de l’Homme. Se convertir tourne vers la communion des saints. Il réjouit chacun que Dieu est Dieu. Il tourne vers la joie de porter le fruit de Dieu, le fruit de sa Parole, qu’il fasse beau ou mauvais, devant Pharaon, devant Pilate, comme devant l’ami.

Convertissez-vous, choisissez la vie, un regard qui porte les fruits de Dieu. De l’ivraie vient vous massacrer, vous torturer, vous obséder. Il y a mieux qu’à accuser ou qu’à s’accuser. La vraie vie est quand nous choisissons seulement de nous laisser conduire par l’Esprit, le regard tourné vers le blé qui tombe en terre, vers Dieu qui est toute notre joie. Moïse veut fuir Pharaon, comme Elie fuira Akab et Jézabel. La vraie vie leur est donnée après mille détours, et ils entendront la Parole créatrice : va vers Pharaon, va voir Akab. Des figues alors viendront sur le figuier. J’aurais préféré une autre Parole. Mais c’est « la » Parole, la vraie vie. La seule vie qui soit contagieuse et créatrice. Se convertir fait entrer dans un autre rapport à la consolation ou la désolation. La désolation devient le signe d’une vie qui se cherche, d’un regard à changer. L’autre ne m’envoie que des reproches ? Vais-je me décourager, « qu’il s’en aille, qu’elle s’en aille, si je ne lui apporte plus rien » ? Ou je demeure dans la patience, dans un regard aimant, espérant une voie de salut ? Alors les figues viendront. Cessons de récriminer, dit Paul. Vive la conversion !

Père Olivier de Framond

Ex 3, 1-8a.10.13-15 ; Ps 102 (103), 1-2, 3-4, 6-7, 8.11 ; 1 Co 10, 1-6.10-12 ; Lc 13, 1-9

Merci à l'auteur de cette photo

 

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