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Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Pour se préparer à la publication du rapport des travaux de la CIASE mardi 5 octobre 2021

Publié par Jardinier de Dieu sur 3 Octobre 2021, 21:09pm

Catégories : #actualités

Pour ce temps d'épreuve mais aussi de vérité, de celle qui dans la traversée redonne de marcher à nouveau, pauvre mais libre, nous vous proposons de lire et de méditer ce texte de Sœur  Véronique Margron, présidente de la CORREF [CORREF : structure représentative des religieux de France ; CIASE : Commission indépendance sur les abus sexuels dans l’Église ].

Descendre en soi pour recevoir le rapport de la CIASE  03.10.2021

Il est des jours où l’on voudrait juste se taire, faire un édito silencieux. Se recueillir tout au fond de son âme pour espérer pouvoir accueillir ce qui va venir de douloureux.

C’est là où je suis à deux jours de la remise du rapport de la Commission indépendance sur les abus sexuels dans l’Église (CIASE), mise en place fin 2018 par la conférence des évêques et celle de la CORREF.

Notre dette, à tous dans l’Église catholique, sera immense envers M. Jean Marc Sauvé et l’ensemble des membres de la CIASE d’avoir mené à terme un tel travail aussi inédit qu’éprouvant. Il est bien difficile d’être porteur de témoignages de vies empêchées comme d’explicitations des défaillances, des aveuglements et des complicités actives ou passives qui ont rendu possibles que ces crimes se perpétuent sur les corps et dans les âmes de personnes vulnérables, mineures ou majeures. Dans un entretien avec Cécile Chambraud du Monde, Jean Marc Sauvé dévoile avoir eu « le sentiment d’être attirée vers le bas-fond de l’humanité ».

Personne de nous ne peut être préparé à un tel choc.

Désormais il reviendra à l’Église, à l’ensemble de ses responsables en 1 er lieu, de prendre ce fardeau et de s’exposer du creux de la chair comme de la foi à ces « bas-fonds ». Affronter avec pauvreté ces non-lieux d’humanité où les victimes virent leurs vies se briser me partait la seule manière d’espérer, aujourd’hui, décider ce qui est juste.

J’ai bien conscience que cette impensable réalité va nous ébranler profondément. Qu’en ces heures il n’est pas facile d’espérer. Et d’espérer dans et avec notre Église. Parmi vous chers auditeurs, il y a des femmes et des hommes qui ont subi en leur âme et leur chair ces crimes, dont les enfances furent emmurées, car c’est toujours l’enfance qui est touchée, y compris quand l’agression a lieu à l’âge adulte. Alors juste être là, pour vous.

D’autres parmi vous se diront que c’est trop. Que pour continuer à croire, à faire communauté, il faut se détourner de ses abominations. Comment ne pas comprendre ? Mais il faudra lutter contre cette légitime tentation. Le seul chemin, en mouvements, en paroisses, en communautés, est d’en parler ensemble. Pour ne pas nier ni désespérer. Pour faire face, soutenir les plus vulnérables, et construire.

« En ces bas-fonds, une création peut commencer et l'on devient proche les uns des autres » (Maurice Bellet)

Il nous faut passer par ce creuset, puiser au plus profond la force du Dieu fait chair pour avancer dans la vie évangélique. Peut-être avez-vous lu ce petit livre du Christian Bobin, Le Très bas, à propos du Dieu de François d’Assise. C’est là où nous sommes. Le très bas.

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G
Veuillez bien vouloir m'excuser, en relisant le titre, j'ai vu l'auteur avec un peu de retard. Merci d'avoir partager cet excellent édito de soeur Véronique Margron.
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G
Pourriez-vous dire si cet article est l'édito de Véronique Margron sur RCF? Merci de donner vos sources.
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