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Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Luc 1, 46-56 - « Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! »

Publié par Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite sur 22 Décembre 2021, 11:23am

Catégories : #Homélies

Dès que l’Ange l’a quittée, Marie s’est mise en chemin, mettant en œuvre la  réponse qu’elle avait donnée à Gabriel : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. ». Marie agit certes, mais Marie ne va exister qu’à partir de la parole reçue en son cœur. Chaque bribe de cette parole tout au long de son existence sera ainsi recueillie, méditée, puis mise en œuvre selon les circonstances. Elle vit de cette manière son existence, bien au-delà de ce qu’elle aurait pu envisager de faire par elle-même.

Dans un tableau, chaque fragment de la toile, recouvert ou non de peinture, est important, quelle que soit sa place le fragment contribue à la beauté de la toile entière, à son équilibre et reçoit de celle-ci une large part de son éclat. De même pour le Peuple de Dieu, et c’est aussi vrai pour l’humanité entière. L’existence de l’un des membres ne dévalorise en rien celle des autres et chacun a une relation personnelle avec le Seigneur, relation qui rejaillit en bénédiction sur les autres personnes. C’est bien ce qui anime Marie dans son cri de louange, elle qui a été suscitée dans son chant par sa vieille cousine. Marie loue le Seigneur pour ce qu’elle a reçu « Il s’est penché sur son humble servante. Elle est consciente que tous les âges la diront bienheureuse ». Mais elle sait également que son existence se coule aussi dans l’ensemble « de ceux qui craignent le Seigneur ». Elle renonce aux potentialités dont est riche son cœur pour être guidée par la Parole qui lui advient.

Cette attitude lui permet de surmonter le risque de l’orgueil qui repose dans sa grande capacité à comprendre l’ensemble de l’histoire du peuple juif. Ne dit-elle pas du Seigneur « Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent » puis « Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais ». Marie comprend même tout ce qui agite l’humanité en son fond et l’attitude de Dieu. « Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides ». Cette attitude et la compréhension profonde de la manière d’agir de Dieu en notre humanité sont ce qui donne à Marie de prendre le chemin de l’humilité. Son chemin de vie sera tracé par un autre, non par ses aspirations à elle. Dès lors sa place, elle qui a une profonde intuition des choses et des êtres et pourrait imaginer bien des possibles, se trouvera à côté de ce qui commence, de ce qui germe, de ce qui cherche à advenir aussi bien à Bethleem qu’à Cana, au Calvaire qu’au Cénacle, porteuse modeste, patiente et silencieuse de la promesse et du devenir à Nazareth et à Jérusalem. Elle est la servante du Seigneur, avec lui, elle vit et elle agit.

En ces jours d’attente de la fête de la Naissance de Notre Seigneur, voilà une occasion pour chacun de nous d’accueillir plus pleinement la place que nous avons reçu, au sein de la communauté à laquelle nous appartenons, au sein de la famille dont nous sommes membres, au sein de la société qui est la nôtre, de la culture que nous partageons, de l’époque à laquelle nous vivons. Soyons bien conscients et même heureux de cette place qui nous aide à nous spécifier. Elle nous relie à toutes les autres personnes. Mais surtout elle nous indique notre chemin véritable : le chemin intérieur.

Ce qui compte en profondeur, c’est non pas tant ce que nous faisons, mais la manière secrète que nous avons de faire et de vivre en relation intime avec le mystère de Dieu… Recevons de la Vierge Marie cette attitude spirituelle de l’intention pure et droite. Donnons au Seigneur, dans le secret de notre cœur, notre propre « oui », notre propre « fiat ». Notre relation intime avec notre Dieu compte infiniment plus que la matérialité de l’action que nous posons, même si dans l’action la relation s’authentifie. Ce sont toutes ces relations intimes et secrètes, vécues avec le Seigneur qui tissent le Royaume à venir.

Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite

Merci à Liliane pour cette image

 

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