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Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Mt 1, 1-16.18-23 : homélie du 8 septembre

Publié par Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite sur 8 Septembre 2021, 12:28pm

Catégories : #Ste Marie, #Homélies

Le passage de l’évangile que nous venons d’entendre pour cette fête de la nativité de la Vierge Marie se présente sous la forme d’une longue généalogie structurée traversant les siècles, les aléas puis d’un bref déboitement qui introduit Marie et la nouveauté qui vient en ce monde par elle.

 

La généalogie est structurée par les grandes respirations politiques du peuple : d’abord l’apparition du peuple avec l’appel d’Abraham, puis la royauté instituée à partir de David, et enfin la vie du peuple sans autonomie après l’exil.

 
Le déboitement, quant à lui, explicite la manière dont Jésus, Christ, fils de David, fils d’Abraham arrive très concrètement à l’existence, dans la vie du monde tel qu’il est.
 
Une citation conclut ce double chemin de vie « Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».
 
C’est donc ainsi que Dieu entre en chacune de nos vies. Par une histoire longue puis un déboitement. Il se fait alors « Dieu avec nous, Dieu avec moi ». C’est vrai pour Abraham qui quittera âgé son père, sa mère, son pays d’Ur en Chaldée, c’est vrai de David qui quittera la garde des troupeaux de son père pour défendre son peuple et devenir roi.
 
Marie est celle qui autorise la nouveauté dans les existences, qui protège le début de nos déboitements. Dans la sienne en répondant à l’ange « je suis la servante du Seigneur qu’il m’advienne selon ta parole », celle de Joseph en le sollicitant pour quitter sa manière juste mais étroite et se lancer dans la nouveauté de l’accueil malgré tout de son épouse, celle de Jésus en l’appelant à entrer dans sa mission à Cana « faites tout ce qu’il vous dira » dira-t-elle aux serviteurs, celle de Jean qui la prend chez elle, celle des disciples au moment de l’invention de l’Eglise, où elle prie avec eux, et aussi plus largement dans la foi en chacune de nos vies.
 
Ignace au début de sa conversion à Loyola, recevra comme confirmation une apparition de la Vierge pour bénir la nouvelle existence qu’il inaugure. Et dans les Exercices Spirituels, au début de la quatrième semaine, pour inaugurer les apparitions du Ressuscité, Ignace proposera de contempler l’apparition du Seigneur à sa sainte mère, même si celle-ci n’est pas attestée dans les Ecritures. Il signe par-là combien pour entrer dans la vie véritable, il nous faut, chacun de nous, être dans l’ouvert de nos vies, capable de quitter nos suretés passées. Et là, en ce lieu, en ce moment, la Vierge humblement se tient pour autoriser cette nouveauté, la soutenir, lui donner de grandir et ensuite elle s’efface, laissant la vie plus grande œuvrer.
 
Alors pour toute l’Eglise qui s’engage en ces jours sur le chemin synodal à la demande du Pape François, implorons la bénédiction et la douce présence de celle qui accompagne tous les commencements. 

Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite

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