En ce jour-là, quelques pharisiens s’approchèrent de Jésus pour lui dire : « Pars, va-t’en d’ici : Hérode veut te tuer. » Il leur répliqua : « Allez dire à ce renard : voici que j’expulse les démons et je fais des guérisons aujourd’hui et demain, et, le troisième jour, j’arrive au terme. Mais il me faut continuer ma route aujourd’hui, demain et le jour suivant, car il ne convient pas qu’un prophète périsse en dehors de Jérusalem. Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu ! Voici que votre temple est abandonné à vous-mêmes. Je vous le déclare : vous ne me verrez plus jusqu’à ce que vienne le jour où vous direz : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »
Paul nous éveille au seul combat à tenir. Il n’est pas celui de nos guerres, contre des soldats, un pays, des êtres de chair. Il est celui de la foi, qui fait face aux « ténèbres de ce monde », aux « esprits » qui nous tirent vers le bas et éloignent du Dieu de la Joie. Il est un combat pour une disposition intérieure : la recherche de vérité et de justice, l’ardeur à annoncer « l’évangile de la paix » - pas une paix à la manière du monde -, la veille de la foi. Les seules armes à avoir sont la parole de l’Esprit, une parole juste qui fait connaître l’Evangile. Ce combat est d’une toute autre exigence que nos combats violents.
C’est ce qui fait marcher Jésus. Saint Luc nous présente, beaucoup plus que la personne de Jésus, un prophète, le « Fils de l’Homme », le Christ, le Fils de Dieu. Ceux qui viennent l’alerter des intentions d’Hérode l’invitent à partir, mais est-ce seulement Hérode qui souhaite le voir partir ? C’est peut-être aussi ces « quelques pharisiens » qui l’y invitent. C’est peut-être moi quand Jésus m’invite à tenir le bon combat. Le « troisième jour », symboliquement, c’est le temps hors du temps, l’éternité à laquelle nous aspirons. C’est « le jour » où il fera vraiment jour, où nous acclamerons le Fils de l’Homme, comme la foule le fera pour Jésus assis sur un âne entrant en Jérusalem : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » ! Pour l’instant « il me faut continuer ma route » : c’est la mission que le Père met en son Fils. Tenir le bon combat, jusqu’à ce que vienne le jour. Seigneur, que nous n’arrêtions pas ton combat, ton chemin, que nous guettions seulement « le jour ».
Olivier de Framond compagnon jésuite
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