Manifester au monde, les merveilles de Dieu
Car cet amour que nous sommes invités à manifester au monde et à nos frères et sœurs en humanité, c’est celui que Dieu nous a d’abord manifesté. N’oublions pas que c’est lui qui nous aime en premier. Aussi, cette force d’amour, ce don du Père que le Christ incarne, n’est pas une récompense pour une bonne conduite, mais une invitation à témoigner de ce dynamisme, de cette folie au monde.
Aimer le Seigneur, notre prochain et nous-mêmes, c’est accepter d’entrer dans l’histoire sainte de l’humanité, d’accueillir l’alliance que Dieu désire faire avec l’humanité. À partir de ce « oui », de notre consentement à œuvrer aux œuvres du Père, le chemin de la mission s’ouvre à notre cœur. Il n’est pas inutile de garder en mémoire que nous sommes créés par, dans et pour l’amour. C’est le sens profond de la mission que le Seigneur veut pour nous et le message qu’il nous revient de porter dans et par toute notre vie.
C’est pourquoi Jésus nous demande de nous aimer. Ce n’est pas une question de narcissisme, d’autosatisfaction ni d’égocentrisme. Mais bien plutôt de s’accepter comme « le prodige, l’être étonnant que je suis », comme nous le lisons dans le psaume 138. N’oublions pas que nous sommes créés à l’image de Dieu pour faire rayonner son amour. Aussi, comment ne pas alors se réjouir de cette création et de cet appel à la sainteté, à la ressemblance divine que le Seigneur nous fait ?
Si nous entendons et écoutons ce désir de Dieu pour chacun et chacune d’entre nous, alors nous pourrons entrer dans une plus grande charité, un plus grand amour capable de dépasser et de déplacer des montagnes. Pour cela, il faut commencer par se faire confiance, car nous savons que l’Esprit du Seigneur, versé en nos cœurs, est à l’œuvre en ce monde et en ce temps. Aussi, cela doit nous entraîner à risquer nos vies pour les autres au nom de l’Évangile.
Pour nous, fidèles du Christ, cette invitation à aller vers nos frères et sœurs n’est pas un altruisme généreux, humaniste. Elle est une convocation qui est une provocation pour vivre notre mission baptismale d’aller porter l’Évangile aux confins de la terre. Cette mission n’est pas du prosélytisme, mais un témoignage de vie, un cadeau que nous désirons offrir aux femmes et aux hommes de ce temps. Elle est ce bon vin des noces servi à Cana pour rassembler le monde dans la joie de Dieu. Si ce désir nous habite d’aimer davantage notre prochain comme nous-mêmes, nous sommes alors proches de faire advenir le Royaume de Dieu en ce monde, et sa justice.
Si ce désir demeure en nous, si nous choisissons de le faire croître par la prière, la charité fraternelle et les sacrements, spécialement l’Eucharistie, alors nous pourrons contribuer à faire croître le Royaume de Dieu et sa justice. Mais n’en restons pas à notre volonté, à notre capacité. Souvenons-nous que, toujours, la grâce nous devance et que l’Esprit nous accompagne. Il nous soutient dans cette convocation qui est en même temps une provocation à vivre de la mission du Christ.
Alors, réjouissons-nous, soyons dans la louange, car Dieu nous appelle à vivre de sa vie pour que nous l’annoncions dans cet amour que nous avons pour nous, pour les autres et pour Dieu.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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