« Frères, n’ayez de dette envers personne, sauf celle de l’amour mutuel » nous dit Paul dans la seconde lecture de ce 23e dimanche ordinaire. Cette dette de l’amour mutuel est bien difficile à rembourser. Non seulement il nous est difficile d’aimer, et encore plus à la manière du Christ, mais nous ne savons pas comment nous sommes aimés. En fait, l’amour est toujours un mystère, une chose insaisissable, que nous n’avons jamais fini ni de comprendre, ni d’appréhender. C’est peut-être pour cela que les trois personnes divines ont choisi d’envoyer le Fils pour nous montrer, par l’exemple, ce que signifie « aimer ». Il s’agit de se consumer pour les autres, de leur faire une place pour les aider à grandir, à croître dans la connaissance de Dieu.
Capable d’amour ?
C’est cette dynamique qui devrait nous habiter au long des jours et des nuits. La question que nous devrions nous poser à la fin de chaque journée est : « Ai-je été capable d’aimer aujourd’hui ? » Cela pourrait guider notre relecture de vie et orienter nos demandes de grâce pour le lendemain.
Il semble difficile de s’aimer, justement. Car la tentation est grande de s’admirer par coquetterie ou prétention. S’aimer c’est d’abord réjouir de l’œuvre que nous sommes. Certes, nous le savons bien, nous ne sommes pas parfaits. Le chemin de la conversion pour y parvenir est encore long. Toutefois, nous nous efforçons chaque jour davantage, sous le regard du Christ, d’y parvenir. Pour cela, nous pouvons compter sur les autres, nos compagnons et compagnes de route. Avec eux, nous cheminons sur le chemin de la vie pour croître chaque jour davantage.
C’est un devoir pour nous d’être attentifs au chemin des autres, de leur exprimer de la sollicitude. Nous entendons cet impératif dans la première lecture par le prophète Ézéchiel. Ce qui est plus important que la conversion de l’autre, c’est notre capacité à devenir son prochain. Il ne s’agit pas de déborder d’affection pour l’autre. Pour autant, c’est une invitation réciproque à être vigilant, attentif à ce que son pied ne heurte pas une pierre et le fasse chuter. Parfois, poussés par des sentiments de vengeance, de colère, nous aimerions que l’autre chute. Nous allons parfois même jusqu’à le souhaiter et nous en réjouir. Mais nous savons, au creux de notre cœur, que ce sentiment, qui nous soulage un instant, n’est ni humain ni chrétien.
Veiller les uns sur les autres
Notre mission est bien de veiller sur les autres, d’être attentifs pour nous entraider au bien, plutôt que de céder aux inclinations du mal qui sommeille sournoisement en nous. Le Seigneur nous veut en vie pour que nous vivions et annoncions au monde sa bonne nouvelle.
Aussi, ne nous laissons pas entraîner par ce qui nuit à la croissance et aux relations humaines. Cherchons ce qui conduit davantage à vivre en harmonie, en pacificateur, en disciple de l’amour de Dieu. C’est en cela que nous pourrons contribuer à construire le Royaume de Dieu et sa justice en ce monde et en ce temps.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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