Jardinier de Dieu

Jardinier de Dieu

Pourquoi ce nom ? Un de nos jésuites va vous répondre


Lc 5, 33-39 s’ouvrir pleinement au moment présent

Publié par Jean-Luc Fabre compagnon jésuite sur 4 Septembre 2026, 07:41am

En ce temps-là, les pharisiens et les scribes dirent à Jésus : « Les disciples de Jean le Baptiste jeûnent souvent et font des prières ; de même ceux des pharisiens. Au contraire, les tiens mangent et boivent ! » Jésus leur dit : « Pouvez-vous faire jeûner les invités de la noce, pendant que l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, en ces jours-là, ils jeûneront. » Il leur dit aussi en parabole : « Personne ne déchire un morceau à un vêtement neuf pour le coudre sur un vieux vêtement. Autrement, on aura déchiré le neuf, et le morceau qui vient du neuf ne s’accordera pas avec le vieux. Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, le vin nouveau fera éclater les outres, il se répandra et les outres seront perdues. Mais on doit mettre le vin nouveau dans des outres neuves. Jamais celui qui a bu du vin vieux ne désire du nouveau. Car il dit : “C’est le vieux qui est bon.” »

Accueillir pleinement le moment présent…

Accueillir pleinement le moment présent…

Nous recevons ces passages du début de l’Evangile de Luc alors que la société se remet en route. Nous essayons de percevoir des enjeux et leurs traitements dans la page d’évangile afin de pouvoir mieux suivre notre Seigneur en ces jours…

Commencer, recommencer demande non pas d’appliquer a priori une manière de faire. Mais elle demande de recevoir ce qui vient et, de là, répondre en usant de notre savoir-faire acquis. Mais ce qui est premier c’est bien et avant tout la perception de la situation. C’est cela à quoi Jésus invite ses interlocuteurs. Comment les personnes pourront-elles recevoir sa nouveauté, si elles sont toutes enfermées dans leurs pratiques. Il n’y a pas une manière toute fait de se comporter qui porte à la vraie Vie. Tout au plus, il peut y avoir une manière a priori de se disposer à recevoir, dans la mesure où c’est une démarche interne qui rejoint la personne que nous sommes. En effet, notre identité évolue mais lentement. La manière de nous disposer peut donc avoir sa durabilité mais pour nous permettre, rassemblé, de recevoir le plus pleinement possible ce qui advient. Nous sommes des êtres de relation. Et notre avancée n’est pas dans un comportement a priori formalisé mais dans la réception, l’évaluation, la décision… à partir de la relation.

Jésus appelle ses interlocuteurs à quitter la manière convenue, habituelle de faire… Ils doivent quitter les bonnes vieilles habitudes, le vieux vin, pour recevoir la nouveauté. La nouveauté reçue nous aide à entrer en relation plus profonde avec Celui que nous désirons connaître.

Voilà la question du jour. En ce moment, où je rejoins mon quotidien habituel, comment est-ce que je reste le cœur ouvert disponible ? Comment est-ce que je ne fais pas que reproduire ma manière de faire, de juger, de percevoir ?… Alors une proposition : pourquoi ne pas avoir sur sa table une enveloppe avec plein de cartons sur chacun desquels une consigne est inscrite : « préparer un plat japonais inconnu », « aller au terminus d’une ligne de bus de banlieue et découvrir », « marcher dans la ville en tournant systématiquement à droit à chaque carrefour », etc… Et chaque semaine je tire une carte et je vis l’aventure pour me déstabiliser, me rendre, par cela, disponible pour recevoir ce que le Seigneur veut me donner. Et le recevant je puis alors lui répondre vraiment et, de là, attendre, en retour, sa propre réponse. Faisant ainsi consciemment, je m’ouvre à la nouveauté qui sans cesse m’appelle vers la Vie. Ce jeu me rend disponible. Que mon âme reste vivante, allante, en relation… Ne l’oublions jamais « on doit mettre le vin nouveau dans des outres neuves »…

Jean-Luc Fabre compagnon jésuite

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Articles récents