En ce temps-là, Jésus déclarait à ses disciples : « Je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. À celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre joue. À celui qui te prend ton manteau, ne refuse pas ta tunique. Donne à quiconque te demande, et à qui prend ton bien, ne le réclame pas. Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs en font autant. Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir en retour, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu’on leur rende l’équivalent. Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants. Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous. »
Avec les Corinthiens Paul semble s’être frotté à du coriace ! Alors qu’il s’était heurté à Jérusalem avec Pierre sur un attachement désordonné à la circoncision où il trouvait Pierre trop craintif et timide, il s’en prend à l’inverse à ceux qui « ont la connaissance » et se permettent des écarts par rapport aux pratiques alimentaires que des consciencieux suivent fidèlement. Le moteur de son discernement, il le nomme au début : c’est le désir et le choix constructif de « l’amour ». Pour lui, ceux qui se mettent au-dessus du fait d’une « connaissance » supérieure, c’est-à-dire sans doute d’une capacité à raisonner que d’autres n’ont pas, ceux-là ne sont pas dans la pratique de l’amour et méprisent les petits, et donc le Christ lui-même. Il n’y a donc qu’une ligne directrice pour les disciples du Christ, celle que proclamera l’hymne à la charité.
Luc le reprend à sa manière : « aimez ». Aimez vos ennemis. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent. Faites aux autres ce que vous voudriez qu’ils fassent pour vous. Soyez miséricordieux comme votre Père l’est. Donne. Pardonne. Une mesure bien pleine. Une telle mesure, tassée, secouée, débordante, est celle que le Christ a connue et donnée. Elle est la mesure qui surpasse toute connaissance et qui ouvre au réel. Elle reçoit tout de Dieu et lui remet tout. Ce n’est pas tendre l’autre joue pour se faire battre, c’est seulement entrer dans une autre manière que celle de réactions trop seulement humaines. Rabbouni, que je retrouve la vue, celle qui te faisait regarder le monde avec les yeux de ton Père !
Olivier de Framond compagnon jésuite
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