En ce temps-là, voici que quelqu’un s’approcha de Jésus et lui dit : « Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? » Jésus lui dit : « Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon ? Celui qui est bon, c’est Dieu, et lui seul ! Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. » Il lui dit : « Lesquels ? » Jésus reprit : « Tu ne commettras pas de meurtre. Tu ne commettras pas d’adultère. Tu ne commettras pas de vol. Tu ne porteras pas de faux témoignage. Honore ton père et ta mère. Et aussi : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Le jeune homme lui dit : « Tout cela, je l’ai observé : que me manque-t-il encore ? Jésus lui répondit : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi. » À ces mots, le jeune homme s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.
« Que me manque-t-il encore ? » Comment avancer dans nos vies ? La situation qui surgit devant nous requiert que nous puissions lui répondre et nous nous arrangeons pour avoir des ressources pour le faire. C’est la manière globale dont nous nous comportons tous. Ainsi pour bien vivre dans un pays autant apprendre la langue qui y est parlée… Dès lors une question comme celle-ci « que me manque-t-il encore ? » apparaît comme raisonnable… Mais Jésus répond autrement et nous introduit dans une nouvelle manière d’être.
« Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes » Le chemin proposé n’est plus un chemin d’accumulation mais un chemin de désappropriation. Si je me retrouve sans rien devant la situation, la situation change du tout au tout. Il ne s’agit pas de faire face par nous-même à la situation en avançant nos propres ressources mais d’entrer en relation autrement. Et, par-là, se laisser engendrer par ce qui surgit, survient… La situation, en fait, c’est moi qui la fais surgir, la suscite. Prendre certaines ressources induit ma perception de la relation… Si je suis équipé, je n’entre pas en relation vraiment. En revanche si je suis sans ressources, je ne puis qu’entrer en relation à partir de moi-même…
« Puis viens, suis-moi » ce chemin peut nous paraître possible, attirant même mais il peut aussi nous paraître bien risquer. Alors je puis me confier à un autre, en qui j’ai confiance qu’il respectera ma liberté. Jésus se manifeste comme disponible. Je puis alors avec Lui vivre autrement. Découvrir peu à peau que la Vie est mystérieusement relation, d’autant plus que je m’ouvre à elle. Emprunter ce chemin, c’est vivre autrement. C’est entrer en relation étroite avec un autre. C’est devenir son ami et recevoir son amitié. C’est m’ouvrir à une connaissance toujours plus profonde de Lui, voir le monde, les autres comme Lui… devenir son frère.
Jean-Luc Fabre compagnon jésuite
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