En ce temps-là, tandis que Jésus parlait aux disciples de Jean le Baptiste, voilà qu’un notable s’approcha. Il se prosternait devant lui en disant : « Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. » Jésus se leva et le suivit, ainsi que ses disciples.
Et voici qu’une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans s’approcha par derrière et toucha la frange de son vêtement. Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. » Jésus se retourna et, la voyant, lui dit : « Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée. » Et, à l’heure même, la femme fut sauvée.
Jésus, arrivé à la maison du notable, vit les joueurs de flûte et la foule qui s’agitait bruyamment. Il dit alors : « Retirez-vous. La jeune fille n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Quand la foule fut mise dehors, il entra, lui saisit la main, et la jeune fille se leva. Et la nouvelle se répandit dans toute la région
Si je parviens seulement à toucher son vêtement Faire par soi même est ce qui nous anime tous dès le plus jeune âge. Au point que souvent nous perdons toute capacité à faire avec l’autre. Notre vision de la réalité se restreint fortement à nos seuls résultats. Une partie de notre être est complétement atrophiée, même si d’autres se développent. Et pourtant, pensons aux activités sportives, il y a un doux mélange aussi bien au sein des sports individuels que des sports collectifs. Souvent les sports individuels se jouent en compétition à plusieurs, équipe contre équipe, de la même façon au sein du sport collectif chacun est amené à donner le meilleur de lui-même, à exceller pour lui-même et permettre la réussite de l’équipe. En nous il y a la possibilité de faire seul et de faire avec l’autre en lui demandant son aide.
Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée Une parole de reconnaissance, d’encouragement, d’ouverture… Jésus vient guérir la femme non seulement de ses hémorroïsses mais aussi de son propre enferment sur elle-même. Dans son action il l’honore, il l’ouvre à l’autre. Il la reconnaît. Lui donne de pouvoir exister dans le regard des autres. Cela donne à la femme de ne plus s’enfermer, mais de s’ouvrir, de retrouver sa place au sein de sa communauté, au sein de l’humanité, de pouvoir demander et bientôt de pouvoir donner. Elle pourra découvrir et s’offrir au devenir de la Vien en elle et autour d’elle. Combien une parole de bénédiction peut faire du bien à l’autre !
Et, à l’heure même, la femme fut sauvée Le salut est la conjonction d’une démarche personnelle, d’une demande adressée à l’autre, d’un retour en gratuité de l’autre… Le salut est relation. Comme l’a dit Saint Augustin celui qui nous a créés sans nous, ne nous sauvera pas sans nous. Pour nous alors, qu’en tirer comme conclusion ? Puisons là un encouragement pour retrouver la dimension d’être parlant qui nous constitue. Sachons demander, sachons répondre, sachons encourager, sachons remercier. Rien ne peut se faire par soi-même, tout en réseau…
Jean-Luc Fabre compagnon jésuite
/image%2F0931903%2F20260706%2Fob_9edc3c_main-tendue.jpg)
