Ainsi, la révélation, l’alliance entre Dieu et les hommes, n’est pas une question d’intellect, mais de cœur. C’est ce cœur que nous avons tendance à oublier d’écouter. Nous raisonnons bien plus souvent avec notre tête, notre connaissance, mais pas avec ce qui nous met en dynamisme : le cœur. C’est lui qui nous donne d’entendre l’Amour de Dieu frapper à la porte de notre vie ; libre à nous de le laisser entrer ou non.
Dieu est capable de se faire connaître de bien des manières. Mais il est important que notre cœur rencontre et découvre le fol amour de Dieu. Alors, nous pourrons nous laisser aller à la louange, parcourir le monde et témoigner de la joie de connaître le Seigneur.
Vers une plus grande communion
Le sensible, nos émotions, nos motions intérieures nous guident sur le chemin de l’amour de Dieu. Il y a toujours le risque d’instrumentaliser Dieu et la foi, de l’enfermer dans des rites et dans des rythmes. Ces derniers ne sont utiles que s’ils conduisent à un accroissement d’amour et de service envers notre prochain.
La foi, l’amour de Dieu sont au service de la communion, de la croissance humaine et spirituelle. Nos lieux d’Église sont là pour faire vivre cette croissance, pour éduquer au repos spirituel qui consiste à se laisser aimer par Jésus pour aimer et servir en toutes choses. Cela n’enlèvera pas notre fatigue physique ou le poids du jour, mais donnera une coloration, une orientation bien différente à notre vie.
Toutefois, soyons prudents, car il ne s’agit pas de faire, mais d’être. Prendre le joug du Seigneur ne consiste pas à se surmener, à se surpasser pour Dieu. Il n’a pas besoin de héros, mais de disciples qui rayonnent de la joie de l’Évangile.
Laissons vraiment l’Esprit guider notre vie en étant attentifs aux signes des temps, sans forcer, mais en discernant. Par une relecture de nos journées, de nos joies, de nos peines, nous découvrions petit à petit comment l’Esprit a voulu que nous servions. Même l’aridité de nos journées, nos fatigues et agacements méritent d’être relus et présentés au Seigneur. C’est dans ce qui nous semble parfois insignifiant que se glisse le souffle de l’Esprit. Ainsi, petit à petit, se dessine comment nous pouvons mieux servir pour mieux aimer. Mais c’est une question de temps, car nous avons vraiment à laisser le Seigneur façonner notre cœur.
Dans cette intimité avec le Seigneur, nous goûterons le repos que le Seigneur veut nous offrir, nous qui sommes « les fatigués, les surmenés », comme le dit Chouraqui dans la traduction d’un des versets de cet Évangile. C’est donc la voie de la prière que nous avons à emprunter.
Nous pourrons alors offrir au Seigneur cette vie où le repos nous fait tant défaut et recevoir de lui la paix pour annoncer au monde les merveilles de Dieu. Si nous voulons que l’annonce de l’Évangile progresse, cherchons de quelles manières il est possible de faire triompher la paix. Ce n’est pas un exercice facile, tant les « déclarations de guerre » peuvent être faciles au quotidien. Pourtant, sans paix, il n’est pas possible de trouver le repos.
Alors, prions les uns pour les autres, les uns avec les autres, pour que nous soyons davantage des disciples-missionnaires, facilitateurs de repos et témoins de la joie de l’Évangile.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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