« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos », entendons-nous dans l’Évangile de ce 14ᵉ dimanche ordinaire. Cette invitation au repos que nous propose ce passage de l’Évangile de Matthieu (11, 28) peut nous toucher particulièrement. Il intervient à la fin d’une année scolaire. Aussi, nos corps et nos esprits restent marqués de cet épisode de canicule. Nous pourrions faire l’inventaire de tous ces maux qui nous touchent personnellement. Toutefois, comment ne pas penser également à l’excommunication des évêques ordonnés par la Fraternité Saint-Pie-X. Nous avons donc un absolu besoin de repos du corps et de l’âme.
Jésus nous promet le repos
Pourtant, nous ne pouvons pas rester là, interdits par la fatigue, la lassitude, voire l’acédie. L’immobilisme n’est bon ni pour notre corps, ni pour notre âme. Alors, comment profiter de cette promesse de repos que nous fait Jésus ? D’ailleurs, il est rare de le voir se reposer dans l’Évangile ; il est toujours en chemin, en rencontre.
Jésus nous invite à prendre du repos, mais à sa suite, en prenant son joug et son fardeau léger parce que nous devenons ses disciples. Vu comme ça, la vie à la suite de Jésus semble plus facile. Hélas, ce n’est pas parce que nous avons la foi, le désir de vivre à la suite du Christ, que nous bénéficions d’un repos absolu et réparateur. Jésus n’est ni une crème de jouvence ni un remède pour les insomniaques.
Il nous invite à être avec lui. C’est cela porter son joug. Il faut être deux pour cela : lui et moi. C’est une histoire d’alliance qui nous est proposée une fois encore. Jésus nous propose de marcher avec lui, à son rythme, à son pas. Il ne s’agit pas de courir, mais de marcher et de converser avec Jésus en contemplant ce que la vie nous offre.
D’une vie active à une vie de repos
Nous savons que nous aimons une vie débordée et débordante, qu’il nous semble que le prix de la vie soit dans l’avalanche plus que dans l’abondance, que la recherche du « plus » prenne le pas sur le « davantage ».
Peut-être que nous trouverons ce repos auquel nous aspirons le plus dans la contemplation de l’Évangile, dans l’agir du Christ qui se fait tout à tous, proche de tous et à la fois attentif à chacun. Cela nous est difficile, tant la vie nous aspire et tout déborde. Pourtant, que gagnons-nous à ce déploiement d’énergie qui — parfois — nous consume et consomme notre énergie vitale ? Jésus nous appelle dans cet Évangile à revenir à l’essentiel : à la relation entre lui et le Père.
Dans cette contemplation, nous découvrirons que l’énergie vitale, c’est la connaissance du Père par le Fils. Il ne s’agit pas d’une connaissance scolaire ou livresque, mais d’une connaissance intérieure qui nous fait devenir davantage des amis dans le Seigneur, des intimes du Seigneur. C’est quelque chose de simple, nous dit Jésus, qui a été caché « aux sages et aux savants » et « révélé aux tout-petits ».
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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