Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer. Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes qu’il monta dans une barque où il s’assit ; toute la foule se tenait sur le rivage. Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde. Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché. D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés. D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »
Isaïe nous fait rêver avec sa pluie et sa neige ! Une parole de Dieu comme la pluie et la neige, je comprends qu’on ne l’entende pas ! La bonne nouvelle est qu'entendre n'est pas si facile ! Si la parole revient à Dieu après avoir accompli sa mission, c’est qu’il y a à se familiariser avec elle, long et patient apprentissage. Les foules écoutent et n'entendent rien. Certains sont au bord du chemin. Des oiseaux ont tout pris - au moins ce n'est pas perdu pour tout le monde -. D’autres sont une terre sur un tas de cailloux : ils s’enflamment et plus rien. Il y en a qui sont assis dans des ronces ; ils auraient dû le sentir mais n'ont pas réagi. Finalement les rares qui ont entendu sont ceux qui n'ont pas compris mais qui le disent : « pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » Entendre commence quand je vois que j’entends mal. Un travail souterrain s’opère, signe de l'Esprit. Entre la parole et la terre, ça bouge, même si je ne vois rien. Plus tard tu comprendras, entendra Pierre !
Pour entendre, il faut durer, mais pas rester statiques. Pas facile de sortir avec cette chaleur. Entendre est un acte de foi : une parole est là, qui va accomplir sa mission. Le signe qu’on entend, c’est un cœur qui s’éveille. S'il reste alourdi, il n'y a pas de bonne terre pour la Parole. Ce que Jésus guérit et envoie guérir, c’est nos cœurs, notre terre, pour devenir une bonne terre qui entend la parole. Si nous savions entendre, il n'y aurait plus de guerre, de violence, de dérèglements climatiques et autres dérèglements ! Entendre est si difficile, Seigneur ! Sans doute pour que nous te cherchions, aujourd'hui et demain et ensemble.
Une graine, c'est presque rien. C'est une vie en potentiel, cachée, elle ne se révélera qu'au contact d'une bonne terre. La manger fortifie, mais elle disparaît. La semer, c'est la condition pour se développer et se partager largement. De là vient la joie. Mais c’est si je la reçois vraiment. Saint Paul le dit à sa manière, nous entendons quand nous attendons notre adoption. Notre travail, c’est de consentir à devenir les enfants adoptifs du Père de toute création. Nous vivons un enfantement en gémissement et douleur, vers notre Joie.
Olivier de Framond compagnon jésuite
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