C'est avec un certain humour, voire de l'ironie, que nous pouvons accueillir la première lecture tirée du prophète Ésaïe en ce 15ᵉ dimanche ordinaire. La sécheresse que nous rencontrons et la diminution de la neige diminuent l'opportunité de voir la Parole de Dieu se faire un chemin en notre monde.
Écouter la Parole de Dieu
Mais peut-être est-ce parce que nous n'écoutons pas suffisamment la Parole de Dieu que notre monde est en proie à tant de difficultés pour préserver la création. Cette parole est créatrice, à la condition que nous soyons capables de l'accueillir.
Aujourd'hui, nous avons tendance, grâce à une technologie croissante, à vouloir toujours faire plus. Nous avons du mal avec nos impatiences et nos frustrations. Pourtant, il nous faut apprendre à prendre le temps de vivre, de contempler, de comprendre, de nous comprendre pour mieux nous connaître. Sinon, nous perdrons cette vie en abondance que le Seigneur nous promet.
Si nous voulons défendre la vie, sous toutes ses formes, alors il faut commencer par prendre soin de la création, mais aussi de nos relations humaines. C'est dans ce lien avec notre environnement et ceux et celles qui l'habitent que nous pourrons entendre, écouter la Parole de Dieu qui se dit en ce monde et en ce temps. Jésus était un pèlerin, il cheminait ici et là à la rencontre de ses contemporains et vivait avec l'amour dont le Père aime le monde.
Mettre la Parole dans notre quotidien
C'est donc bien dans le quotidien, cet inattendu de Dieu, que nous entendons l'appel à la conversion, à prendre soin de nous, des autres et du monde. Mais il faut en avoir le désir, voire le désir du désir. Surtout, ne restons pas immobiles, comme pétrifiés devant tant de défis que le monde nous propose.
La Parole de Dieu qui veut féconder le monde est toute proche, tellement proche que nous oublions de la mettre en pratique et de nous laisser rejoindre par elle (cf. Dt 30, 14). Pourtant, le monde, la création sont la Parole de Dieu à cœur ouvert. Nous y contemplons l'œuvre de Dieu et, parfois aussi, notre inaction, qui vient abîmer cette création tant aimée de Dieu. C'est aussi une occasion de contemplation, car cela nous invite à nous questionner, à nous remettre en question et à nous mettre humblement devant Dieu.
Pierre-Baptiste Cordier Simonneau cor unum
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